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Un film de Gaël Morel (France)

« Prendre le large » Sortie en salles le 8 novembre 2017.

L’usine de textiles dans laquelle Édith a travaillé toute sa vie va être délocalisée à Tanger.

La Société offre aux ouvriers le choix entre une indemnité de licenciement ou un reclassement au Maroc dans des conditions peu avantageuses malgré le préjudice d’un départ à l’étranger avec tout ce qu’il comporte d’éléments inconnus.

Édith, la cinquantaine, veuve et dont la seule attache est un fils parti vivre sa vie loin d’elle va contre toute attente accepter la proposition de Tanger.

Mais, dès son arrivée dans la ville et la première prise de contact avec l’usine où elle est affectée, Édith qui comptait sur l’enchantement du dépaysement, se retrouve déçue. Et ressent la morsure de la solitude.

Heureusement, après un premier contact difficile, elle va se lier d’amitié avec Mina sa logeuse et son jeune fils Ali ; et grâce à cette amitié tombée du ciel, trouver un nouveau sens à sa vie.

Cinéma : Prendre le large

Avec ce film, Gaël Morel a voulu rendre hommage à la classe ouvrière dont il est issu.

A Tarare, près de Villefranche-sur-Saône où son père a travaillé dans le textile, 80 % des usines ont mis la clé sous la porte.

Et c’est dans celle où était employé son père, toujours en activité, que le réalisateur a pu tourner les séquences montrant Édith au travail en France.

Les raisons pour lesquelles Édith accepte de faire le grand pas tiennent au fait que l’idée de cesser de travailler est insupportable pour qui a vu toute sa vie rythmée par les horaires d’usine et même si elle est, dans le contexte, insuffisante, une vie sociale.

Il est également possible que face au choix à faire, Édith ait pu être tentée par l’aventure, l’inconnu et que secrètement, elle se soit attendue à être agréablement surprise par une nouvelle vie à l’étranger.

Or, ce qui l’attend, c’est tout le contraire, Un décor et un accueil peu satisfaisants, une atmosphère d’équipe inexistante, et autour d’elle des ouvriers et ouvrières murés dans le silence et terrorisés par les rondes d’une chef d’atelier redoutable.

Pourquoi le film de Gael Morel qu’on aurait aimé aimer déçoit-il ?

Peut-être parce qu’un scénario trop démonstratif rate dès le départ l’installation de son sujet avec cette entrevue manquée d’Édith avec un fils qui a réussi dans la vie.

La précipitation avec laquelle Édith prend sa décision plonge son départ précipité dans un climat artificiel.

Parce que Sandrine Bonnaire qu’on a connue meilleure comédienne, endosse mal un personnage qui se réfugie pratiquement d’un bout à l’autre du film dans une tonalité de jeu douloureuse...

Parce que le scénario, malgré des rebondissements qui s’avèrent attendus et quelques moments de solitude, suit un tracé narratif trop empreint d’angélisme.

On peut, malgré tout, faire ce détour pas un Tanger qui sonne juste...

Francis Dubois

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