Année 2017-2018

Préparation de rentrée : Le renoncement en marche (Toulouse)

La préparation de rentrée est marquée au niveau national par une stabilité des moyens d’enseignement, couplée avec une priorité affichée au 1er degré : c’est donc un transfert de moyens qui s’opérera à la rentrée, du 2nd degré vers le 1er, confirmé notamment par une baisse de 2600 postes offerts aux concours pour la session 2018 (soit – 20%). Contrairement à ce qui avait été affirmé à l’automne, la répartition des postes au concours montre qu’il ne s’agit pas d’une suppression des postes dans les disciplines qui peinent à recruter des dernières années.

Pour l’ensemble du 2nd degré, la dotation académique de +51 ETP (pour 1709 élèves en plus), ne permettra donc pas d’absorber la hausse démographique au même niveau qu’à la rentrée 2017, qui avait déjà vu une dégradation des taux d’encadrement. La prévision académique fait état d’une baisse du volume des heures supplémentaires, mais sans compensation en heures-postes : que cache réellement cette baisse ?

Choix tactique en lycée,les collèges grands perdants

Pour ménager les lycées dont la réforme se dessine - aussi - sur fond de réduction des horaires disciplinaires, le rectorat a fait le choix de les préserver au maximum pour la rentrée 2018. Mais ce choix tactique ne doit tromper personne, car la suppression de 25000 postes d’ici 2022 dans l’Éducation Nationale, qui semble bien être l’objectif du Ministre dans la préparation de la réforme du lycée, ne tardera pas à s’y concrétiser.

En attendant, ce sont les collèges les grands perdants de la rentrée 2018, la réforme permettant d’y récupérer des moyens, bien loin des promesses de création de postes non tenues du quinquennat Hollande, et des annonces du ministre actuel sur des assouplissements permettant le maintien des bilangues, du latin, etc. Les collèges sont ponctionnés d’une partie significative de leurs moyens. Dans l’immédiat, ce sont eux qui vont le plus souffrir de la hausse des effectifs : le rectorat ne cache pas que le seuil des 30 élèves par classe sera bien souvent dépassé, et que l’ouverture massive des ULIS peut amener localement à des classes encore plus chargées lorsque les dotations seront trop serrées. Le Snes-Fsu a dénoncé ces choix lors du CTA du 24 janvier. Il faudra bien retrouver à la rentrée 2019 des moyens pour leur permettre de continuer à absorber la hausse démographique continue depuis la rentrée 2017.

L’impossible équation :comment consommer 71 ETP quand on ne vous en donne que 51 ?

À cette question, le Rectorat a répondu par une innovation : la programmation de fait du non-remplacement des collègues. Son artifice comptable consiste à considérer comme « dotation » une future sous-consommation (jusqu’ici simplement constatée, et non programmée) en moyens de remplacement : la difficulté à couvrir les besoins atteint un niveau tel que le rectorat peut réutiliser l’équivalent de 21 temps-pleins pour boucler sa rentrée !

L’ouverture de formations nouvelles, nécessaires compte tenu de la hausse démographique dans le supérieur et pour coller aux besoins régionaux en voie professionnelle, comme le financement des suites de scolarité déjà engagées, ne sont assurés que par une baisse des capacités d’accueil dans certaines filières de Bac Pro.

Pierre Priouret
co-secrétaire général

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