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Un film de David Gordon Green (États-Unis)

"Prince of Texas" Sortie en salles le 23 octobre 2013

Été 1988, à la suite des immenses incendies qui ont ravagé des milliers d’hectares de forêt dans le Texas, Alvin et Lance sont chargés de retracer le marquage au sol des routes.

Alors que l’un s’attache à la nature renaissante, l’autre ne pense qu’aux fins de semaine, aux plaisirs de la ville et à la compagnie des filles.

Alvin qui est compagnon de la sœur de Lance est un homme mesuré et sage alors que Lance est du genre bouillonnant.

Le film démarre sur le contraste un peu appuyé des personnalités des protagonistes et s’y attarde. Les conversations entre les deux hommes sont insignifiantes. L’un fait figure de sage, l’autre apparaît comme un être simplet, obsédé par le sexe.

On craint que le film ne reste sur une série de clichés et que le réalisateur ne se complaise à s’attarder sur les détails de la nature à travers le regard d’Alvin : une chenille le long d’un tronc d’arbre, des fleurs, le paysage à la fois dévasté et renaissant.

Mais bientôt la personnalité des deux hommes se nuance. La force de caractère de l’un se craquelle et celui qui n’apparaissait que superficiel révèle une certaine sensibilité.

Un week-end raté pour Lance et une lettre de rupture écrite de la main de son amie pour Alvin vont modifier la donne et faire naître une amitié qui paraissait complètement inenvisageable au début du récit.

Bien que tourné en pleine nature, "Prince of Texas" pourrait bien apparaître comme une sorte de huis-clos dans lequel se font face les seuls deux personnages en présence.

L’intervention du vieux camionneur qui les approvisionne en alcool et celui de la vieille dame qu’Alvin surprend fouillant dans les décombres en cendres de son ancienne habitation, où ancienne pilote, elle espère retrouver trace de son carnet de vols, sont les seuls rajouts que se permet le scénario.

Si le personnage du vieux camionneur est bien réel, il est possible que celui de la vieille dame ne soit que le fruit de l’imagination d’Alvin.

Car le film de David Gordon Green, dans ses dernières séquences, quand les personnages de Lance et d’Alvin se sont complètement rapprochés l’un de l’autre, s’évade dans une sorte de fantasmagorie avec des silhouettes d’enfants fouillant dans les cendres, qui font figure de fantômes.

Ce détour par le surnaturel peaufine le film et lui donne une sorte de mystère en rejaillissant sur la totalité du récit et en lui donnant un éclairage singulier.

Francis Dubois

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