Actualité théâtrale

Théâtre du Rond-Point jusqu’au 27 septembre 2015

"Princesse vieille reine" de Pascal Guignard Mise en scène et interprétation Marie Vialle.

Pascal Guignard avait écrit pour la comédienne Marie Vialle qui l’avait mis en en scène et interprété, le texte " Le nom sur le bout de la langue" en 2006.

Depuis, une collaboration constante et complice s’est établie entre l’actrice et l’auteur.

Ils se retrouvent aujourd’hui avec un texte taillé sur mesure pour l’actrice par l’écrivain.

"Princesse, vieille reine" est une suite de contes baroques présentant une galerie de portraits de femmes depuis la jeunesse enflammée par l’amour jusqu’à la silhouette finissante de la vielle reine.

Des contes qui sont tout à la fois une avancée et une remontée dans le temps et qui se présentent comme des vies rêvées et pourraient être aussi bien la projection dans le futur d’une petite fille que la vie antérieure d’un chamane qui les revisiterait.

Théâtre : Princesse, vieille reine

"Princesse, vieille reine, tel est le destin des femmes " dit Pascal Quignard.

Marie Vialle aime que le mot "femme’ et le mot "Princesse" soient associés pour révéler la part somptueuse, merveilleuse, royale qui existe dans chaque femme.

La comédienne est majestueuse pour s’emparer de ce texte ciselé dont elle se montre gourmande et qu’elle sert avec un évident plaisir d’interprète.

Et c’est peut-être cette gourmandise, ce plaisir qui, en débordant parfois, nuancent un ravissement de spectateur qu’on aurait souhaité total.

Le timbre de la voix de Marie Vialle est singulier. Il adopte parfois des accents de petite fille et le texte perd en force et en poésie quand la comédienne tombe dans un jeu trop expressif, d’autant plus qu’elle y ajoute, à l’occasion, cette pointe d’espièglerie qui fait merveille chez elle à d’autres occasions mais qui ici, peut avoir un effet réducteur.

Un déploiement de costumes à chaque fois différents et somptueux et que Marie Vialle revêt à vue avec beaucoup de grâce et de pudeur, finit par donner une impression de surabondance.

Même si, en l’état, le spectacle est réussi et procure un vrai plaisir, on se prend à imaginer ce qu’il aurait pu gagner en force et en poésie avec une interprétation moins expressive, plus retenue et un peu moins d’effets d’étoffes.

Francis Dubois

Théâtre du Rond-Point 2 bis avenue Franklin Roosevelt 75 008 Paris.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 44 95 98 21

www.theatredurondpoint.fr

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