2de-1ère-Terminale

Programme de français au lycée : la coupe est pleine

Les programmes de seconde et première sont maintenant connus mais, pour le français, il faudra encore attendre pour savoir quelles seront les épreuves de l’EAF. Pourtant elles concerneront nos élèves actuellement en seconde ! Le programme ne dit rien de ces épreuves mais stipule : « L’orientation générale du travail en classe de première est liée à la préparation des élèves aux épreuves anticipées de français. L’entraînement aux exercices de l’écrit et de l’oral est donc déterminant ». Faut-il se munir d’une boule de cristal pour préparer ses cours ?…

L’examen avant/après le CSE laisse songeur ou plutôt amer, quand on sait que les 59 amendements présentés par le SNES-FSU ont tous été votés à la majorité. Bien peu sont repris. Mis à part celui concernant la collaboration avec le professeur documentaliste, seules quelques variations de vocabulaire ont été prises en compte.

Les points sur lesquels nous avons été entendus

On peut toutefois se satisfaire d’un certain allègement ou plutôt d’une clarification dans le programme de seconde : il n’est plus fait mention, dans chaque objet d’étude, de la recommandation d’ajouter un prolongement artistique ou culturel OU d’un groupement de textes complémentaire. Nous l’avions demandé.

Le terme de « parcours » apparaît moins souvent, remplacé parfois par « groupement de textes », comme nous l’avions suggéré.

Surtout, toute mention au carnet personnel de lecture a été supprimée (sauf comme une suggestion parmi d’autres dans le paragraphe concernant les « écrits d’appropriation »). Ce carnet n’est donc plus ni obligatoire ni recommandé. Cette atteinte à la liberté pédagogique est enfin réparée, ce qui est à mettre au crédit du SNES-FSU. A chaque enseignant la liberté de choisir quelle forme prennent l’analyse des textes et les écrits des élèves sur ces textes, en fonction de la classe, de la période de l’année mais aussi des œuvres étudiées.

Les points négatifs maintenus

La partie grammaire, envahissante dans le programme, reste inchangée, malgré ses incohérences. Pourquoi, par exemple, étudier les « formes de la négation » en première, pourquoi les propositions subordonnées relatives en seconde et les circonstancielles en première ? Et pourquoi rien sur la qualification et l’expansion du nom ? A ces questions, nous n’avons pas pu avoir de réponse. Il paraît que « c’est politique » !

La charge de travail pour les élèves est toujours aussi lourde et peu réaliste par les temps qui courent, surtout en terme de nombre d’ouvrages à lire :
3 romans (ou 2 + 1 recueil de nouvelles), 2 pièces de théâtre, 1 recueil de poème en seconde
2 recueils de poèmes, 2 romans, 2 pièces de théâtre, 2 œuvres dans la rubrique « littérature d’idées », en première générale comme technologique.
On pourrait en rire… avant d’être contraint d’en pleurer.

Des changements inacceptables

Pour l’enseignant·e, ce programme aggrave encore la situation par rapport au projet présenté en CSE. Les 4 œuvres et 4 « parcours » imposés en première devaient être renouvelés du quart chaque année. Autrement dit, si pour la rentrée 2019 il fallait préparer l’étude de 4 œuvres, donc renouveler tous ses cours, les années suivantes, un seul objet d’étude était à repenser. Trop facile, ont dû penser les rédacteurs du programme !

Il s’agit maintenant, pour chaque objet d’étude, de choisir 1 œuvre parmi 3 définies nationalement mais cette liste de 12 œuvres (3 pour chacun des 4 objets d’étude) est renouvelée de moitié tous les ans. Donc à la rentrée 2020, il faudra refaire les cours non pas d’un seul objet d’étude mais de deux !

Et cerise sur la gâteau, les œuvres sont différentes en première générale et en première technologique : « La structure des programmes de la voie générale et celle de la voie technologique sont identiques ; les programmes limitatifs sont distincts et tiennent compte du volume horaire de la classe.  » Comme un professeur de français a souvent des classes dans les deux voies, il devra chaque année, re-préparer 4 objets d’étude. Ce n’est plus seulement du mépris (#STOP Mépris) mais de la maltraitance.

Le SNES-FSU se bat, et continuera à se battre, pour la promotion d’un programme permettant le développement de l’esprit critique des élèves, de l’autonomie dans l’analyse des textes et de leurs enjeux littéraires, artistiques et socio-culturels. A l’inverse, le ministère préfère un programme qui pousse les élèves à bachoter et apprendre par coeur des fiches sur les oeuvres au programme, livrées par les éditeurs et autres sites internet. Quel recul pédagogique et culturel !

Plus que jamais, la grève du 24 janvier et les autres actions à venir sont nécessaires pour contraindre ce gouvernement et ce ministre à revenir à la raison. L’abrogation de cette réforme est une nécessité pour nous tous et toutes comme pour nos élèves.

Vous trouverez ci-dessous : le projet de programme présenté au CSE, les amendements du SNES-FSU votés en CSE et les programmes qui seront publiés au BO.

Projet de programme de français (2de-1ère) présenté au CSE
Liste des amendements du SNES-FSU
Nouveau programme de français 2de
Nouveau programme de français 1ère G et T

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