US 784 du 24 novembre 2018

Programmes du lycée : Agir pour imposer d’autres choix

Le ministère a reçu les organisations syndicales, les associations de spécialistes et les personnels d’encadrement sur les projets. Le SNES-FSU consulte la profession jusqu’à fin novembre.

Le SNES-FSU a présenté un premier avis sur chacun de ces projets de programme. De manière générale, ils sont trop lourds pour les horaires impartis.

Certains posent des problèmes idéologiques et/ou de faisabilité. Difficile aussi d’apprécier des programmes sans connaissance des contenus et modalités d’évaluation au baccalauréat, même si des éléments ont été donnés en séance par les inspecteurs généraux présents (voir les comptes rendus sur le site du SNES-FSU).

Des points noirs

Les objectifs des nouveaux enseignements pluridisciplinaires n’ont jamais été discutés ailleurs que dans le secret des Groupes d’élaboration des projets de programmes.

Pour Humanités, littérature et philosophie, le programme indique que français et philosophie seraient « à part égale » mais ne donne aucune indication sur les activités des élèves. L’association thématique – période historique ne fonctionne pas dans les deux disciplines.

Pour histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques, une remise à plat est nécessaire car le programme est très ambitieux et ne laisse pas de place à la géopolitique, à la géographie et aux sciences politiques. Quant à l’enseignement scientifique de tronc commun, son contenu est aride et les inquiétudes sont fortes quant à sa mise en œuvre avec tous les élèves de Première.

Les programmes disciplinaires ne sont pas non plus sans demander des améliorations. Le projet de spécialité mathématique est d’un niveau tel qu’il mettra en difficulté les élèves des actuelles séries ES et L, alors que les mathématiques font partie des attendus de ParcourSup de la majorité des filières de l’enseignement supérieur. En histoire, les programmes sont marqués par l’entrée quasi exclusive par l’histoire politique au détriment des dimensions sociales, économiques ou culturelles.

En français, l’articulation entre grammaire et programme de littérature est à revoir ainsi que l’imposition d’un carnet de lecture qui serait évalué au baccalauréat. En SES, on constate une orientation libérale du programme et un cloisonnement disciplinaire qui ne correspond pas à l’identité de la discipline.

Et maintenant ?

La consultation en ligne du ministère est close depuis le 20 novembre. Les textes sont en cours d’amendements. Vous pouvez encore participer à la consultation du SNES-FSU (voir ci-contre), qui permettra de porter la voix de la profession lors des commissions spécialisées et du conseil supérieur de l’éducation qui auront lieu entre le 12 et le 19 décembre.

Les programmes seraient publiés en janvier. Les modalités d’épreuves du baccalauréat devraient commencer à être discutées en décembre. Faire évoluer les projets de programmes est une nécessité.

Valérie Sipahimalani, Sandrine Charrier

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