Actualité théâtrale

Jusqu’au 12 mai au Théâtre Les Déchargeurs

« Providence »

Lorsque les tours jumelles se sont effondrées le 11 septembre 2001 à New-York, il y a eu des milliers de morts, mais aussi plusieurs dizaines de disparus dont on n’a jamais retrouvé nulle trace. On pense que certains en ont profité pour changer de vie, d’identité, peut-être de pays. Neil Labute a imaginé un couple qui avait préféré ce jour-là se rejoindre plutôt que d’aller travailler et a ainsi échappé à l’attentat. Il est marié, a deux filles, leur liaison dure depuis plusieurs années. Elle voulait qu’il quitte sa femme pour vivre avec elle. Il se dit qu’ils pourraient profiter de l’attentat pour disparaître ensemble. L’occasion est là mais ils vont se déchirer.

Théâtre : Providence

Un rideau de scène montre l’image tant reproduite des avions percutant les tours, tandis qu’une sonnerie insistante de téléphone résiste au milieu des cris et grondements venant des tours. Quand le rideau se lève un homme apparaît, affalé sur un canapé dans une pièce où flotte un nuage de poussière. Il est bientôt rejoint par une femme et le duel va pouvoir commencer. Il n’a pas prévenu sa famille qu’il est en vie. Il rêve d’une autre vie, mais en rêve-t-il vraiment ? C’est elle qui passe à l’attaque, pointant leurs différences. Il n’accepte pas qu’elle cherche à le dominer. Elle lui reproche ses hésitations, doute de lui. Très vite elle en vient à examiner de plus près leur relation. Lui parle évasion, « abandonner toute cette médiocrité, aller de l’avant », elle veut simplement que la vie continue mais qu’il quitte sa femme pour vivre avec elle. Et c’est d’une façon ironique que la pièce se termine au son de la chanson de Fred Astaire I’m in heaven, dancing cheek to cheek.

Xavier Gallais est Ben. Il semble un peu cynique face à l’ampleur de l’événement, laisse la femme prendre le dessus, puis se rebiffe, s’exalte de son rêve avant de développer une rage froide qui lui donnera la force de s’extraire de la situation. Face à lui Marie-Christine Letort passe par toute la gamme des attitudes de la femme, profitant de sa supériorité sociale, exprimant sans fard ce qu’elle ressent, exigeant, doutant et finalement acceptant sa défaite. Un très beau duo d’acteurs.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 21h30

Les Déchargeurs

3 rue des Déchargeurs, 75001 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 42 36 00 50

www.lesdechargeurs.fr

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « À deux heures du matin »
    Pourquoi cet homme n’a-t-il pas allumé son téléphone portable depuis trois jours, pourquoi a-t-il effacé son compte facebook pour le rouvrir peu après sous un autre nom, pourquoi n’a-t-il pas pris... Lire la suite (17 septembre)
  • « Danser à la Lughnasa »
    Un jeune homme se souvient de l’été 1936 dans la maison familiale isolée en Irlande où il vivait avec sa mère et ses quatre tantes. Michaël s’en souvient car il y eut cet été là le retour de son oncle,... Lire la suite (16 septembre)
  • « Les naufragés » suivi de « La fin de l’homme rouge »
    Après Ressusciter les morts , Emmanuel Meirieu s’attache à nouveau à adapter deux livres témoignages, Les naufragés, avec les clochards de Paris de Patrick Declerck et La fin de l’homme rouge de... Lire la suite (16 septembre)
  • Théâtre 14
    Les nouveaux directeurs du théâtre 14, Mathieu Touzé et Édouard Chapot, proposent aux abonnés et aux curieux, pendant la durée des travaux au théâtre qui vont durer jusqu’au 20 janvier, UN PARCOURS... Lire la suite (13 septembre)
  • « Tempête en juin »
    Ce sont les deux parties de Suite française que Virginie Lemoine et Stéphane Laporte ont adapté et mis en scène (Virginie Lemoine seule pour la seconde partie) dans ces deux spectacles. Irène... Lire la suite (13 septembre)