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Un film d’Abd Al Malik (France)

"Qu’Allah bénisse la France" Sortie en salles le 10 décembre 2014.

Le film d’Abd Al Malik est l’adaptation du livre éponyme que le chanteur écrivit à partir de sa propre histoire.

Celle du parcours de Régis issu d’une famille d’immigrés noirs, élève brillant qui a grandi entre ses deux frères et une mère catholique, dans une cité de la périphérie de Strasbourg.

Dans un climat de délinquance et de violence latente, entre rap et islam, le personnage suit un chemin semé d’obstacles qui lui permettra malgré tout de trouver sa voie et de rencontrer l’amour.

Cinéma : "Qu'Allah bénisse la France"

En ces temps où les cultures urbaines, la banlieue, la délinquance, l’islam sont devenus des sujets brûlants de débats contradictoires, il n’était pas inutile de réaliser un film où ces motifs seraient vus de l’intérieur, d’un point de vue humain, pour tenter de rendre à plus de vérité, d’exactitude, une réalité souvent déformée par les idées toutes faites et par les médias.

Abd Al Malik qui considère que jusqu’ici, seul " La haine" de Mathieu Kassovitz a su montrer la cité dans sa réalité, sera-t-il parvenu, avec " Qu’Allah bénisse la France " à débarrasser l’image des banlieues des idées toutes faites et à marquer une distance avec la mythologie de la violence ?

Par sûr. Et ce n’est pas faute d’une volonté à tenter d’aller au cœur des choses, avec une évidente sincérité, une image en noir et blanc bienvenue.

Son souci est, selon ses propres paroles, de ne plaire à personne, de ne pas choquer, de rester fidèle à lui-même et d’aller au plus près des gens auprès desquels il a grandi : sa mère, ses frères, ses sœurs et les gens de la cité.

Régis est un excellent élève dans les matières littéraires au point qu’après le baccalauréat il est admis en lettres sup. Et si la nuit, il se transforme en délinquant, ce n’est pas qu’il souffre de schizophrénie, mais parce que la règle de la cité est de fonctionner en groupe et que quiconque s’en désolidarise prend le risque d’être isolé avec toutes les conséquences désagréables que cela peut engendrer.

Le personnage est en permanence sur le fil du rasoir, sans cesse exposé à une possible arrestation, à un emprisonnement qui ferait définitivement obstacle à ses projets positifs et, notamment à ce qui lui tient le plus à cœur : se produire avec succès, comme chanteur de rap.

L’amour qu’il éprouve pour une jeune étudiante du quartier représente pour lui une sorte de limite de sécurité. Sa présence rassurante, positive, va lui permettre de traverser des zones de "turbulence" et à jouir de ce quelque chose d’impalpable qu’est la chance.

Filmer en noir et blanc était une bonne idée, mais le film aurait gagné à se passer de certaines "coquetteries" de mise en scène inutiles : les plans inclinés, les ralentis et les flous.

Francis Dubois

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