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Un film de Jean-Claude Brisseau (France)

« Que le diable nous emporte » Sortie en salles le 10 janvier 2018.

En gare d’Avignon, Camille en attente de son train, trouve, abandonné sur un banc, le portable que Suzy a oublié.

Lorsque Susy appelle son propre numéro, elle convient avec Camille d’un rendez-vous au domicile de celle-ci pour récupérer son bien.

Elles sont installées devant une boisson quand survient Clara, la maîtresse des lieux.

Clara a hébergé chez elle une Camille en perdition et une tendre relation s’est établie entre les deux femmes l’une et l’autre ouvertes à toutes sortes d’expériences amoureuses.

Suzy qui se trouve dans une situation analogue à celle où se trouvait Camille quand Clara l’a recueillie accepte la proposition quand celle-ci lui propose de rester chez elle autant de temps qu’elle voudra.

Le trio est en parfaite harmonie quand frappe à la porte de l’appartement, Fabrice, l’amoureux éconduit de Suzy qui, par tous les moyens, tente de récupérer la jeune fille.

Pendant que Camille emmène Suzy se cacher dans l’appartement du dessus, Clara tente de raisonner Fabrice qui avait décidé d’élire domicile sur le trottoir d’en face.

La garçon imbibé d’alcool accepte le secours de Clara qui lui propose de passer la nuit dans un autre appartement dont elle dispose.

Séduit par la fermeté et la douceur de Clara, il cédera à son charme et l’espace d’une nuit, ne verra plus la vie qu’à travers elle.

Cinéma : Que le diable nous emporte

« Que le diable nous emporte » est une sorte de marivaudage revu et corrigé par Jean-Claude Brisseau et ce même chassé-croisé d’attirances amoureuses assouvies ou contrariées aurait pu inspirer à Eric Rohmer une histoire légère.

Mais Brisseau n’est ni Marivaux ni Rohmer, il est Brisseau, un cinéaste singulier qui persévère dans le genre sulfureux- fantastique, même si cette fois le surnaturel ne survient que comme un clin d’œil malicieux à son propre cinéma dans la dernière partie du film.

Il filme sans détours les ébats de ses personnages et avec une certaine complaisance et virtuosité bourrue, ceux des femmes du film entre elles.

Mais on ne peut pas faire à un cinéaste le reproche d’être fidèle au genre cinématographique qu’il pratique depuis maintenant des décennies, d’introduire dans ses histoires des supports narratifs sulfureux, d’aimer filmer le corps des femmes.

Pourrait-on dire qu’ici, avec son dernier film, il s’est assagi, que son tracé narratif linéaire le rapproche d’un cinéma plus traditionnel ? Et qu’en dépit de scènes de lit enflammées, il flirte avec le conventionnel.

Mais on devra lui être reconnaissant de nous offrir dans un rôle étoffé, digne de son talent, la très belle et très sensuelle Fabienne Babe que le cinéma a un peu oubliée et à qui, autrefois Jean-Claude Brisseau avait confié le rôle du professeur dans «  De bruit et de fureur ».

Il y a dans son film, une double révélation celle de Isabelle Prim dans le rôle de Suzy, piquante jeune première d’aujourd’hui et dans celui pas facile dont elle s’acquitte avec efficacité, Anna Sigalewitch qui pourrait apporter son originalité de jeu et son physique à la fois doux et incisif à bien d’autres personnages..

Un film dont la naïveté n’est pas incompatible avec l’audace de certaines images.

Francis Dubois

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