Quelles formations pour quels métiers : notre projet

Quelles formations pour quels métiers : notre projet

Permettre à tous les élèves de réussir quelles que soient leurs origines familiales ou sociales, les amener le plus loin possible dans leurs études, former des citoyens qui seront capables de s’insérer dans une société où les enjeux sociaux, politiques et économiques sont complexes... Les métiers de l’enseignement et de l’éducation ont une grande responsabilité sociale, et c’est pour permettre aux enseignants et aux CPE de l’exercer que le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNUEP-FSU affirment que ces métiers sont hautement qualifiés.

PROFESSEURS, CPE ET PSY-ÉN ONT BESOIN D’UNE QUALIFICATION DE NIVEAU MASTER
Professeurs et CPE doivent permettre aux élèves d’acquérir des savoirs et des savoir-faire. Dans les champs respectifs, les connaissances évoluant rapidement, il est nécessaire qu’ils soient capables de suivre ces changements et de les intégrer par eux-mêmes. Or ce n’est qu’au niveau master que les étudiants entrent en contact avec le monde de la recherche, permettant une approche différente des connaissances : ils acquièrent alors la capacité de prendre de la distance par rapport aux savoirs, de se questionner à leurs sujets.
Les psychologues de l’Éducation nationale (Psy-ÉN) doivent justifier, dès leur nomination en tant que stagiaire dans un centre de formation, de la possession de leur Master 2 de psychologie et de leur stage de 500 heures. Ils sont désignés psychologues au regard de la loi.

UN MÉTIER, ÇA S’APPREND
Il ne suffit pas d’avoir une haute qualification disciplinaire pour être enseignant. Il est nécessaire aussi de concevoir des situations d’apprentissage et de les adapter aux élèves, c’est-à-dire d’être capable de réfléchir à ses pratiques. Une formation professionnelle de qualité est ainsi nécessaire afin de pouvoir répondre aux questions suivantes : quels savoirs enseigner (pour qui… pour quoi…) ? Comment transposer des savoirs universitaires en savoirs scolaires accessibles à tous ? Comment construire un cours ? Comment prendre en compte la diversité des élèves dans la construction du cours ? Comment dialoguer au sein de la classe ? Quels acquis et compétences évaluer ? Qu’est-ce qui fait obstacle à la compréhension ? Comment organiser le travail en classe ?
Il en est de même pour le métier de CPE : Comment suivre les élèves au cours de l’année ? Comment créer un lien avec les familles ? Comment gérer les personnels affectés à la vie scolaire ? Comment travailler en équipe avec tous les personnels de l’établissement (professeurs, CPE, Psy-ÉN, assistantes sociales, infirmières, direction, etc.) ?
Recrutés par concours sur la base d’une licence et d’un master en psychologie, les psychologues de l’Éducation nationale stagiaires bénéficient d’une formation rémunérée d’un an à l’issue de laquelle ils obtiennent un certificat, le CAF – Psy-ÉN (Certificat d’aptitude aux fonctions de psychologue de l’Éducation nationale) pour la titularisation.
L’institution scolaire, son histoire, ses missions et ses modes de fonctionnement impliquent que soient dispensés des enseignements en psychologie, théoriques et méthodologiques communs et spécifiques aux deux spécialités, ainsi qu’une connaissance des principes fondamentaux et des grands textes qui régissent le système éducatif.
Cette formation permettra aux Psy-ÉN de situer leurs interventions et leur positionnement dans l’école.

Nous revendiquons ainsi la nécessité :
• pendant le cursus universitaire, d’introduire des modules de préprofessionnalisation : dès la L3, puis de plus en plus nombreux en M1 et M2 articulés aux modules disciplinaires et sans être dominants. Ces modules devraient être de l’histoire de la discipline (comment les connaissances se construisent), de l’épistémologie, de la didactique... ;
• après l’obtention du concours, de mettre en place une année pleine et entière de formation professionnelle initiale basée sur l’alternance :
– 1/3 du temps de service serait pris sur le service du tuteur et le stagiaire aurait la responsabilité de ses classes mais celle-ci pourrait être progressive ; cela résoudrait les problèmes d’affectation, de compatibilité des emplois du temps, et le tuteur, déchargé, aurait le temps de se former, de visiter et conseiller son stagiaire ;
– 1/3 du temps permettrait un retour réflexif sur ses pratiques et le travail personnel (construction des cours forcément plus longue qu’un titulaire expérimenté) ;
– 1/3 du temps serait consacré à une formation répondant aux besoins spécifiques de chaque stagiaire dans une structure de formation au sein de l’université en lien avec la recherche.
• après la titularisation, d’avoir une entrée progressive dans le métier avec un allégement du temps de service (mi-temps la première année – T1 = titulaire 1re année – et 2/3 temps la 2e année – T2) permettant des temps de formation répondant aux attentes et aux besoins de néotitulaires ;
• pendant la carrière, d’avoir la possibilité de suivre une formation continue permettant de mettre à jour ses connaissances, de poursuivre en groupe la réflexion sur ses pratiques.