Actualité théâtrale

Jusqu’au 1er février au Grand Parquet

« Quelque part au cœur de la forêt : La Belle et la Bête »

La Belle a quitté le palais de son père où elle était pourtant choyée, et s’est enfoncée dans la forêt où l’appelait une voix inconnue, portée par le vent, celle de la Bête. La Bête accueille somptueusement la Belle, lui offre fleurs et mets délicats, lui parle, mais en dépit des prières de la Belle refuse de lui montrer son visage car elle ne saurait supporter sa laideur. Blessée par des chasseurs elle est soignée par la Belle, se livre de plus en plus, jusqu’au jour où la Belle doit partir au chevet de son père très malade.

Théâtre : La Belle et la Bête

Claude Merlin a réécrit ce conte très connu, qui a séduit des générations de petits, mais aussi des grands à travers le film de Jean Cocteau. On y retrouve le mystérieux pouvoir de l’amour qui transcende le lien père-fille et l’attirance de la Belle pour le côté sombre et inquiétant de la Bête. L’amour ici ne naît pas de la beauté, mais de l’attention portée à l’autre, des confidences échangées et des secrets révélés. La langue est poétique, parfois lyrique et capte l’attention des petits et des grands.

Claude Buchvald a mis en scène le conte. La Belle apparaît au milieu de branchages entremêlés où se détache une rose rouge. Elle découvre le palais de la Bête que rien ne désigne, seul le texte évoque sa beauté. Le décor restera celui de la forêt égayée par les fleurs et les fruits qu’y dépose la Bête. La belle est vêtue de robes blanches superposées qu’elle désigne comme sa robe couleur de l’aube ou couleur de vent. La Bête arrive noire sur fond de nuit, des ombres permettent d’imaginer les métamorphoses qu’elle a subies. La musique et le chant constituent un contrepoint à l’histoire. Tantôt grave, inquiétante, tantôt légère pour accompagner les surprises de la jeune fille. Elise Dabrowski avec son violoncelle et ses chants où se mêlent des langues étranges, des sons qui évoquent de façon mystérieuse l’univers de la forêt réussit à créer un monde magique. Laurène Brun est la Belle, jeune fille à la fois frêle et déterminée. Elle appelle la Bête, s’inquiète de son absence, la supplie de lui raconter son histoire. Nelson-Rafaell Madel est la Bête, à la fois inquiétant et séduisant.

C’est un spectacle qui ne prend pas les enfants pour des niais, un spectacle où l’amour est intense, vibrant et poétique.

Micheline Rousselet

Mercredi et dimanche à 15h, vendredi et samedi à 19h

Le Grand Parquet

35 rue d’Aubervilliers, 75018 Paris

Réservations : 01 40 05 01 50

Se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Ruy Blas »
    Cet été le château de Grignan se met à l’heure de l’Espagne du XVIIème siècle pour accueillir le drame romantique de Victor Hugo. La reine d’Espagne vient d’exiler Don Salluste qui a déshonoré une de ses... Lire la suite (21 juillet)
  • La nuit juste avant les forêts
    Tout d’abord, il y a le texte, dur, puissant, superbe, qui résonne fortement avec l’actualité. Et pourtant, Bernard-Marie Koltes l’a écrit et fait représenter dans le Off d’Avignon en 1977. Il ne sera... Lire la suite (20 juillet)
  • Alain Paris chante les fables de La Fontaine
    Est-ce l’horaire ? Est-ce le lieu très excentré près des remparts de l’Oulle ? Il y avait peu de monde pour ce joli spectacle et c’est bien dommage. Alain Paris chante les fables de La Fontaine,... Lire la suite (17 juillet)
  • Beaucoup de bruit pour rien
    La modernité de cette pièce écrite en 1600 est saisissante. Elle est accentuée par la mise en scène intelligente de Salomé Villiers et Pierre Hélie. L’action est placée dans un cadre qui évoque tout... Lire la suite (8 juillet)
  • « Dévotion, dernière offrande aux dieux morts »
    Clément Bondu, écrivain, poète, musicien et metteur en scène en résidence aux Plateaux Sauvages signe le texte et la mise en scène de ce spectacle dont il nourrissait le projet depuis plusieurs années... Lire la suite (3 juillet)