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Un film de Stéphane Brizé (France)

"Quelques heures de printemps" Sortie en salles le 19 septembre 2012

Récemment sorti de prison pour avoir transporté des produits de contrebande dans le poids lourd qu’il conduisait, Alain revient, à quarante-huit ans, vivre chez sa mère.

La cohabitation s’avère d’entrée difficile car, non seulement la vieille dame est de nature acariâtre mais elle est atteinte par un mal qui ne se montre pas, mais dont elle sait qu’il ne lui laisse plus que peu de temps à vivre.

Or, Yvette a pris une décision. Lorsque sa maladie qui jusque-là sommeille, la menacera vraiment, elle ira en Suisse dans un établissement d’aide au suicide, dont la vocation est de permettre aux malades condamnés de mourir dignement.

Stéphane Brizé est un réalisateur qui s’attache à ses personnages, au jeu de ses comédiens et au tracé minutieux de son récit.

Et là, il réussit merveilleusement. Ses personnages sont ciselés pour conduire un sujet qu’il traite par petites touches, avec une justesse confondante, privilégiant l’anodin et les allées et venues les plus ordinaires.

Chez lui, un duo comme celui que forment Vincent Lindon - Hélène Vincent fait merveille et les deux partitions prises chacune à part ou dans la conjugaison des deux donnent lieu à des sommets d’interprétation.

Pour Hélène Vincent, qui est ici à contre-emploi, la précision des regards, du moindre geste renvoie à un quotidien répétitif qui rappellera à chacun un personnage familier. Il faut la voir dans ses ensembles jupes droite-chemisier classique, vaquer à ses occupations et laisser deviner derrière un regard opaque, la tragédie maîtrisée de sa fin de vie annoncée.

Elle est rugueuse, abrupte, on n’aimerait pas la compter dans son entourage tant elle distille par son comportement, ses bougonnements, une méchanceté ordinaire qui est peut-être son seul moyen de défense.

Vincent Lindon s’applique à ne pas exprimer le désarroi où il se trouve et donne une de ses interprétations auxquelles il nous a tellement habitués qu’elles ne nous surprennent plus. Et c’est dommage ! Qu’il soit comme ici, un homme blessé appliqué à garder toute sa force et sa virilité dans l’épreuve, la générosité faite homme comme dans " Welcome" ou celui qui cherche la voie du bonheur en terrain inconnu comme dans " Mademoiselle Chambon" , il reste le même roc.

Il est très (trop) bien mais il faudrait qu’il prenne garde à ne pas user son "personnage". Alain Cavalier avait parfaitement compris, en l’employant dans "Pater" , les autres capacités de jeu de ce comédien "pilier" du cinéma français.

" Quelques heures de printemps" est un magnifique récit en sourdine. Une belle et cruelle histoire d’amour entre une mère et son fils qui se seront, tout au long de leur vie, appliqués à rater, à part la dernière fois, toutes les chances de se rencontrer.

Francis Dubois

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