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Quelques précisions à propos de la question du « genre » dans les programmes de SES

Si la question du genre est présente dans les programmes de SES, le débat sur la façon dont elle est appréhendée renvoie avant tout à la mauvaise écriture de ces programmes. La logique qui a présidé à leur élaboration rend pour le moins confuse la façon d’aborder cette question, sauf si les enseignants (et les manuels) réinterprètent et reconstruisent les programmes… ce qu’ils font, bien entendu !

En seconde, en ce qui concerne la question « la consommation, un marqueur social ? » (thème1), si les indications complémentaires renvoient à la « profession », au « niveau d’éducation », à « l’habitat » et à « l’âge », elles ne mentionnent rien d’explicite sur le genre. Ce n’est pas étonnant, les IC étant au service des notions à découvrir : « consommation ostentatoire, effets de distinction et d’imitation ». Pour contourner cet obstacle et réintroduire la question du genre dans celle de la consommation en tant que marqueur social (question non obligatoire, traitée en fonction du choix de l’enseignant), il faut croiser le thème de la consommation avec la question du thème 5 : « comment devenons-nous des acteurs sociaux ? ». Si le genre n’apparaît toujours pas ni dans les thèmes d’exploration et questionnement associés, ni dans les notions à découvrir, les IC à l’usage des professeurs invitent explicitement à y faire référence. Mais les IC sont-elles le programme ? Rien n’est dit quant à leur statut dans le préambule du programme de seconde. On peut donc imaginer que leur fonction est « d’aider » l’enseignant, de « donner des pistes », bref, de déterminer le possible plus que l’obligatoire (liberté pédagogique oblige…). En résumé, si le programme de seconde n’interdit pas d’introduire la question du genre, un enseignant qui ne la traiterait pas ne serait pas pour autant en faute professionnelle.

Dans les programmes de première et de terminale, la question du genre n’apparait pas dans les intitulés des thèmes et questionnements. Le « mot » n’apparaît pas non plus dans la liste (interminable) des notions. En ce sens, la question du genre ne fait pas l’objet d’une entrée spécifique. Il faut, là aussi, la retrouver dans les IC, que ce soit en première, dans la question « comment la socialisation de l’enfant s’effectue-t-elle ? » (une notion : « la socialisation différentielle » renvoie de fait à celle de genre) ou en terminale (enseignement spécifique) dans la question « comment analyser et expliquer les inégalités ». Par contre, le BO spécial du 13/10/2011 qui présente le programme de terminale précise, pour ce niveau, le rôle des IC : elles « explicitent et délimitent le contenu de chacune d’entre elles » (les questions du programme), elles « bornent ce qui est exigible » pour le baccalauréat. En gros, cela signifie que les IC prétendent être le programme et que la question du genre devient donc obligatoire (dans le programme de terminale).

Dans le programme d’enseignement de spécialité « sciences sociales et politiques », les choses sont sans doute plus claires, même si le genre ne fait pas l’objet en tant que tel d’une entrée sous la forme d’un thème ou questionnement. La question du genre est introduite dans le thème « comment s’organise la compétition politique en démocratie ? ». Les IC invitent à « identifier les biais liés au genre et la difficulté particulière rencontrée pour assurer une représentation équitable des deux sexes en politique ». La notion à laquelle le programme renvoie est celle de la « parité ».

Une reconstruction plus cohérente (et plus légère) des programmes telle que la demande le SNES apparaît donc comme une nécessité incontournable.

Groupe SES du SNES

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