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Un film de Anne Giafferi (France)

"Qui a envie d’être aimé ?" Sortie en salles le 9 février 2011

Antoine, la quarantaine et un jeune avocat promis à un bel avenir. Claire, sa femme, est médecin. Ils sont les parents de deux beaux enfants. Une petite fille modèle et un garçon de 12-13 ans chez qui apparaissent les premiers signes de résistance à l’autorité parentale.
Un jour, Antoine reçoit dans son courrier, une invitation à participer à un séminaire de réflexion sur la croyance en Dieu qui pourra être suivie de séances de catéchèse pour adultes dirigées par un prêtre.
L’invitation provenant d’un des professeurs de son fils, il s’y rend par politesse. Il est alors touché par les questionnements émanant des participants, par leur sincérité, leur dispositions à mettre leur âme à nu.

Honteux de s’être laissé prendre, il ne se confie pas à sa femme qui finit par penser que les raisons de ses retours tardifs, certains soirs, sont dus à une liaison amoureuse.
Il est important de préciser d’entrée que Anne Gaffieri, la réalisatrice est l’épouse à la ville, de Thierry Bizot auteur du roman "Catholique anonyme" duquel le film est tiré, et que l’histoire d’Antoine et Claire est en partie la leur.
Cette proximité entre les deux auteurs et les faits relatés serait-elle guidée par un trop grand souci de sincérité, à l’origine des maladresses et des lourdeurs d’un scénario qui chausse souvent des semelles de plomb ?
Le sujet, la rencontre avec Dieu d’un homme que rien jamais n’avait prédisposé à des questionnements de cet ordre, nécessitait infiniment de précautions, une délicatesse, une rigueur que le film n’a pas et c’est dommage car l’idée de départ intéressante aurait pu donner lieu à une œuvre cinématographique originale.
Les maladresses, surtout repérables dans les articulations du scénario, s’étendent à tous les sujets annexes abordés dans le récit. Les rapports père-fils qui sont sans doute l’élément déclencheur de l’éveil religieux du personnage sont insistants et jouent sur les deux générations extrêmes avec trop de lourdeur symbolique. Le frère artiste endetté est chargé de clichés. La sœur vieille fille dont toutes les tentatives amoureuses avortent ne l’est pas moins et les compagnons de caté sont un catalogue des personnages attendus.
Reste la distribution qui, bien que tenue par des comédiens de talent, ne parvient pas à sauver l’ensemble. Eric Caravaca était pourtant un bon choix, comme Jean-Luc Bideau ou Valérie Bonneton et ils l’eurent été s’ils n’avaient pas été embarqués à jouer chacun sa partition en harmonie avec le parti pris narratif d’Anne Gaffieri, c’est à dire de façon alourdie, insistante et sans surprises…
Francis Dubois

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