Année 2018-2019

RENTRÉE 2018 : ruptures et continuités (Strasbourg)

La rentrée prochaine sera marquée par le démarrage de la mise en oeuvre de la réforme du Lycée, qui aboutira au nouveau baccalauréat de 2021. Cette mise en oeuvre apportera son lot d’adaptations... et de modifications complémentaires.

Au mois d’avril, le ministère avait proposé un projet de circulaire modifiant la fonction de Professeur Principal. Le SNES-FSU avait dénoncé ce texte aux motifs qu’il élargissait considérablement les missions des PP, au risque d’en faire de « petits chefs » et d’empiéter sur les missions des PSY-EN. Sous la pression des organisations syndicales, le ministère a revu sa copie. Même si le texte présenté le 5 juillet comporte des améliorations (réaffirmation du rôle des PSY-EN ou rappel de la notion de volontariat), il reste néanmoins inacceptable notamment parce qu’il porte la vision d’un PP « super-prof » et ne répond toujours pas à notre revendication d’un doublement de l’indemnité ISOE. Pour le SNES-FSU, il convient de refuser un élargissement abusif des tâches liées à la fonction de professeur principal, surtout si elles doivent limiter la liberté pédagogique des autres collègues.

Malgré la langueur du mois d’août, la presse tenait également à nous informer que 66.000 bacheliers n’avaient pas encore obtenu de place dans l’enseignement supérieur... En réalité, en cette rentrée, ce sont près de 150.000 jeunes qui ne sont pas encore fixés sur leur avenir. Le nombre d’affectations hors-académie explose lui aussi, d’où la création d’une prime de mobilité de 1.000 e pour les étudiants ; sera-t-elle suffisante pour compenser le coût d’une recherche de logement en dernière minute ? Pourtant la nouvelle plate-forme ParcourSup devait faire des miracles ! Malheureusement, les faits ont donné raison aux analyses syndicales : à savoir, que le véritable problème réside dans les capacités d’accueil insuffisantes du post-bac, face à la vague démographique de l’an 2000. Là encore, rupture : les nouvelles modalités d’affectation apparaissent plus obscures et injustes (critères sociaux, lycée d’origine...). Il sera également impératif de demander au ministère un bilan sur la qualité des affectations, dont on peut se douter qu’il sera mitigé, le non classement des voeux et l’obligation d’une connexion continue aggravant les choses.

L’argument ministériel d’une part importante de jeunes n’étant plus actifs sur la plate-forme ne manque pas non plus de piquant. En effet, ces potentiels futurs étudiants ne donnant plus de nouvelle, ne peuvent être considérés comme automatiquement satisfaits ; certains sont peut-être satisfaits en dehors de ParcourSup, mais d’autres, certainement plus nombreux, cherchent une solution alternative par leurs propres moyens. Pour mémoire, les non affectés d’APB étaient presque trois fois moins nombreux à la rentrée précédente que ceux annoncés par la ministre, Mme Vidal...

Nous arrivons maintenant aux points de continuités, car certaines choses ne changent pas dans le petit monde de l’Éducation Nationale.

Une réforme sans réforme, c’est la tragi-comédie qui va se jouer lors de cette année en classe de Seconde. En effet, les néo-lycéens ne verront rien ou presque changer dans leur année scolaire par rapport à leurs aînés, pourtant ils intégreront une première rénovée selon le souhait du Ministre. Nos élèves devront donc choisir trois spécialités du nouveau lycée en ayant suivi les cours de l’ancien ! De plus, ayant assimilé les connaissances de « l’ancien » programme de seconde, ils devront affronter les nouveaux programmes de la nouvelle première. Rien ne change dans les réformes, on marche toujours sur la tête, en lycée, comme en collège.

Autre continuité, la confection des nouveaux programmes. Ces derniers devront entrer en vigueur à la rentrée 2019 pour les niveaux Seconde et Première et à la rentrée 2020 pour la Terminale. Pour que les éditeurs disposent de quelques semaines pour faire écrire les nouveaux manuels, il faudra que tout soit bouclé cet hiver. Cela signifie donc une « consultation » cet automne... Avec des délais aussi courts, on peut douter de son efficacité. Continuité, on vous le dit.

Dernière chose qui ne change pas : la hausse des effectifs par classe puisqu’alors qu’elle accueille 359 élèves de plus à la rentrée, notre académie n’a reçu aucun poste d’enseignant supplémentaire.

Cette nouvelle année, ne manquera donc pas de sujets à surveiller et l’action du SNES-FSU ira dans le sens de la défense de l’intérêt des collègues à travailler dans le calme, la sérénité et le respect de leurs droits ; l’intérêt des élèves étant évidemment lié aux conditions de travail.

Arnaud SIGRIST

Autres articles de la rubrique Année 2018-2019