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REP : l’illusion statistique

La DEPP a publié en février un état des lieux de l’éducation prioritaire (EP), dont les résultats sont repris à tort et à travers par les médias sans prendre en compte ses limites.

« La majorité des élèves d’origine sociale défavorisée est scolarisée hors éducation prioritaire ». C’est peu de le dire, puisque près de 70 % des élèves de Sixième de PCS défavorisées ne sont pas scolarisés en éducation prioritaire. À qui la faute ? La DEPP le pointe : le nombre restreint de collèges REP+ ou REP. Reste que les REP+ concentrent les populations les plus défavorisés avec plus de 9 collèges REP+ sur 10 qui accueillent au moins 60 % d’élèves d’origine sociale défavorisée.

Une portée réelle, mais limitée

D’après cette note, le nombre moyen d’élèves dont un enseignant a la charge pendant une heure de classe est de 20,8 en REP+, 21,5 en REP et 23,9 dans les collèges publics hors EP. De là à dire que la différence est minime et que ces moyens sont mal employés... C’est oublier que les collèges REP sont en grande majorité en ville et que ces différences d’effectifs sont bien plus importantes dans les collèges des aires urbaines.

La DEPP pointe un retard deux fois plus grands dans les REP+ à l’entrée en Sixième et des élèves maîtrisant deux fois moins les compétences 1 et 3 du socle commun. À l’autre bout, les collégiens des REP+ réussissent moins le DNB et passent moins en Seconde GT. Est-ce lié au collège REP+ ? La note montre que les élèves d’origine sociale défavorisée réussissent moins au DNB, qu’ils soient scolarisés en EP ou non.
Une limite de cette note est qu’elle ne permet pas de comparaison entre les élèves d’une même origine sociale en EP et hors EP. Pour autant, les craintes du SNES-FSU d’une dotation insuffisante de l’EP, pour que cette politique soit réellement efficace, sont confirmées. Il est urgent que le ministère prenne conscience que la situation de beaucoup de collèges se dégrade socialement et que la future carte doit se faire sur des critères partagés par tous, et non en fonction de son coût budgétaire qui pousse à rétrécir le périmètre de l’EP.

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