La défense des droits humains

RETRAITE : les femmes au régime sec

Le but de la réforme des retraites est simple : bloquer le financement de notre système de retraite à son niveau actuel, 14% du PIB, alors que la proportion de retraité·es dans la population augmente. Ce plafonnement se traduira notamment par le retour du risque de pauvreté chez les retraité.e.s âgé.e.s, en grande majorité des femmes.

Travailler, plus, plus longtemps et pour gagner moins. Un système injuste.

Le gouvernement prétend mettre en place « un système juste, unique et transparent pour protéger mieux celles et ceux dont les carrières sont hachées, instables et atypiques ». Mais comment croire à ce discours alors que c’est désormais l’ensemble d’une carrière, y compris les mauvaises périodes, qui sera pris en compte et non plus les meilleures années ? Le principe « un euro cotisé donne les mêmes droits » creusera les inégalités puisque par principe il ne prendra pas en compte les périodes où l’on n’a pas cotisé. Et surtout que l’on ne pourra pas prévoir le niveau de sa pension à l’avance, la valeur du point n’étant connue qu’au moment de la liquidation de la pension. Quant aux promesses de maintenir la valeur du point qui ne pourrait pas baisser, les fonctionnaires savent ce qu’il en est : le gel du point d’indice a eu de graves conséquences sur leur pouvoir d’achat, et cela risque de se reproduire une fois à la retraite.
De plus, avec la mise en place du système dit universel, les dispositifs de solidarité disparaîtront. De même, la réversion, c’est-à-dire les droits du conjoint survivant, qui dans 89 % des cas est une femme, ne sera plus versée en cas de divorce.

Facture salée.

La retraite amplifie les inégalités de revenus observés durant la vie active et que le SNES : les pensions de droit direct des femmes sont de 40 % inférieures à celles des hommes, il faut ajouter la réversion pour voir cet écart tomber à 26 %.
Les inégalités de revenus durant la vie active sont quant à elles de 24 % ! Les effets des enfants sur les carrières professionnelles qui reposent quasi exclusivement sur les femmes expliquent ces fortes disparités. Le renforcement annoncé des primes, indemnités et heures supplémentaires nécessairement liées à l’alourdissement de la charge de travail, aggravera encore la situation pour les femmes, tant on connaît le caractère profondément inégalitaire de ces mesures en termes de genre.
Ce sont ces inégalités que le SNES et la FSU combattent au quotidien, et c’est pour cela qu’il se sont engagés dans les négociations liées à l’application du Protocole relatif à l’Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Pour une vraie reforme égalitaire et émancipatrice.

L’indépendance économique est une condition sine qua non pour l’émancipation. Pour le SNES, il est temps de mener une vraie politique pour l’égalité des salaires, surtout dans les professions les plus féminisées. L’éducation nationale n’y échappe pas puisque les écarts de carrière et de salaire y sont conséquents.
Il est temps de consacrer l’investissement public à la création de lieux de garde d’enfants et de prise en charge des personnes dépendantes qui sont des freins majeurs au plein emploi des femmes.
Il faut surtout maintenir les dispositifs de solidarité et de compensation tant que l’équilibre ne sera pas atteint en termes de genre.
Pour le SNES-FSU, c’est donc une autre réforme et un projet de société solidaire qu’il faut porter.

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