Actualité théâtrale

Jusqu’au 18 novembre au Théâtre Le Monfort

« Ramona » Réduc’Snes

Rezo Gabriadze est un peintre, sculpteur, scénariste, réalisateur et metteur en scène qui travaille à Tbilissi en Géorgie. Depuis 1990 il promène ses marionnettes sur les plus grandes scènes d’Europe, d’Amérique et d’Asie.

Pour son passage à Paris, il présente au Monfort deux spectacles, Ramona et Stalingrad .

Ramona est l’histoire invraisemblable des amours impossibles d’une jolie locomotive de gare de triage, Ramona, et d’ « un héros de l’Union Soviétique », Ermon, qui parcourt l’immensité russe. Dans leur périple ils croisent des animaux étranges, un cochon zébré pour être invisible sur les rails, une poule qui porte une étole de renard autour du cou, un cochon qui cherche dans le journal des nouvelles de la filière porcine ! Quand des personnages pleurent les larmes jaillissent de leurs yeux comme des jets d’eau. Ramona suit un cirque pour rejoindre son Ermon et se fait menacer par le chef de gare car une locomotive de gare de triage doit se contenter de ses allers et retours. On fait la connaissance d’une fil-de-fériste qui se casse les jambes, d’un Monsieur Loyal qui les perd, d’un clown et de bien d’autres, un cheminot, un chef de gare autoritaire, etc. Il y a des moments burlesques (un papillon soulève sans effort un poids de fonte que l’Hercule a eu du mal à soulever), des commentaires loufoques et acides (« La commission commence à s’énerver. Si ça continue, ils vont appeler le KGB et on sera tous déportés »), du rire mais aussi de la nostalgie, avec, sur fonds de valse de Chostakovitch, la mort de Ramona.

Théâtre : Ramona

Manipulées par six marionnettistes habillés et gantés de noir, les délicates marionnettes nous entraînent dans un univers merveilleux de conte poétique et plein d’humour. On admire la beauté des petites marionnettes, on rêve devant les lumières des trains qui se croisent dans le noir, on regarde s’éloigner la lumière rouge du convoi final, on sourit ému à la mort de Ramona qui se couche tandis qu’Ermon dit adieu à sa « vaporette chérie ».

Sourire, émotion, admiration devant la beauté des marionnettes, on peut faire sienne la remarque de Monsieur Loyal « L’art est long, la vie est brève » et l’art ici, c’est du grand art !

Micheline Rousselet

Ramona du 7 au 18 novembre à 19h30, Stalingrad du 21 au 25 novembre à 19h30. Relâche le lundi

Le Monfort

106 rue Brancion, 75015 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 56 08 33 88

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « La guerre des salamandres »
    C’est en 1935 que Karel Čapek, auteur tchèque à qui l’on attribue généralement l’invention du mot « robot », écrivait cette fable entre dénonciation et dystopie. Un vieux marin découvre dans les îles de la... Lire la suite (20 octobre)
  • « La machine de Turing »
    Le destin d’Alan Turing a tout pour émouvoir. Génial mathématicien, il réussit dès 1942 à casser le code secret Enigma, utilisé durant la guerre par l’Allemagne nazie pour ses transmissions. Il permet... Lire la suite (19 octobre)
  • « Le banquet »
    Après s’être attachée à mettre en scène le monde des bureaux dans Open space en 2014, la comédienne, danseuse, auteure et metteuse en scène Mathilda May s’attaque, au sens propre du terme, au banquet... Lire la suite (16 octobre)
  • « La nostalgie du futur »
    Un jour quelque chose a bouleversé Catherine Marnas, directrice du TnBA, le télescopage d’un documentaire vu à la télévision, montrant la richesse obscène et vulgaire des dirigeants d’une société... Lire la suite (15 octobre)
  • « De la démocratie »
    En 1835, dans De la démocratie en Amérique , un aristocrate normand livre un portrait sans complaisance de ce système politique qu’il a observé lors de son voyage en Amérique. Il admire cette... Lire la suite (14 octobre)