Communiqués

Rapports Marois et Filâtre : des contradictions et des impasses. Il faut repenser la formation des maîtres !

Le Recteur W. Marois et le Président de l’Université de Toulouse D. Filâtre ont rendu chacun leur rapport sur la formation des maîtres. Certaines propositions, notamment sur la place de la recherche dans la formation des maîtres (rapport Filâtre) ou sur les types de masters qui restent disciplinaires (rapport Marois) sont intéressantes. Cependant, les deux documents restent contradictoires sur des points essentiels. Cela démontre qu’il est nécessaire de poursuivre les discussions dès la rentrée sur la nature de la formation professionnelle, les types de masters, ainsi que l’articulation avec les concours et la nature de ces derniers.

Il existe bien un point commun entre les deux documents : toutes les propositions partent du principe selon lequel l’ensemble de la formation des maîtres doit se dérouler avant le concours – ce que conteste le SNES.
La formation prônée par le rapport Marois développe une approche qui instrumentalise la formation des enseignants pour faire davantage encore d’économies d’emplois et pour récupérer des moyens d’enseignement. Il détaille la façon dont les étudiants de master peuvent être utilisés pour le remplacement, ce qui va à l’encontre des engagements du précédent Ministre et rend incompatible le suivi des études universitaires et la participation aux concours. Quant au rapport Filâtre, il n’aborde même pas la possibilité d’une formation en alternance après la réussite au concours.

Pour le SNES, la formation des maîtres doit être pensée sur l’ensemble du cursus depuis l’université jusqu’à l’entrée dans le métier incluant les premières années d’exercice. Ce qui suppose une année de stage après le concours avec un service qui doit être limité à un tiers de temps, seul moyen de rendre possible une réelle formation professionnelle organisée en alternance.

Pour le SNES, l’obtention d’un master pour chaque candidat doit être un préalable au recrutement. Le contenu des masters doit permettre, à tous, la reconnaissance d’une qualification qui ne se limite pas à la seule carrière enseignante et ouvrir sur d’autres débouchés. Cela suppose de limiter le poids des éléments de professionnalisation dans le contenu des futurs masters.

Pour le SNES, les discussions doivent partir des conceptions des métiers ce qui suppose en particulier des réflexions et des discussions spécifiques en fonction des différents niveaux d’enseignements et entre l’enseignement professionnel d’une part et l’enseignement général et technologique d’autre part. Le référentiel de compétences actuellement en vigueur doit être repensé car il ouvre la porte à de nombreuses dérives en matière d’évaluation et se fonde sur une conception cloisonnée et réductrice des métiers de l’enseignement et de l’éducation.

Par ailleurs, la place et le rôle des IUFM sont complètement absents des deux rapports, ce qui n’est pas sans inquiéter pour leur avenir.

Le SNES est porteur de propositions concernant le recrutement et la formation des maîtres. La concertation qui s’ouvrira à la rentrée doit impliquer l’ensemble les acteurs concernés y compris bien sûr les organisations syndicales représentatives des personnels d’enseignement et d’éducation.

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