Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Allan Mauduit (France)

« Rebelles » Sortie en salles le 13 mars 2019.

Sandra a connu son heure de gloire après avoir été élue, il y a une dizaine d’années, Miss Pas-de-Calais. Mais l’effet éphémère de sa notoriété la renvoie aujourd’hui à une réalité douloureuse. Sans diplôme, sans perspective d’emploi, elle revient à trente ans s’installer chez une mère qui vit dans son mobile home à Boulogne sur mer.
Elle n’a d’autre choix que d’accepter un travail à la chaîne à la conserverie locale où elle est très vite obligée de repousser les avances insistantes de son chef qui se tue à la suite d’une bousculade.

Deux autres employées de la conserverie ont assisté à la scène.
Alors qu’elles s’apprêtent à appeler les secours, les trois ouvrières découvrent un sac plein de billets de banque dans le casier du mort. Un magot qu’elles décident de se partager.

C’est le point de départ d’aventures en cascades....

Cinéma : Rebelles

Le sujet n’est pas tout neuf : la découverte d’un sac de billets qui occasionne la convoitise de novices en banditisme. Mais la singularité de «  Rebelles  » est d’une part d’inscrire la comédie policière dans le milieu ouvrier et d’autre part d’en faire une version féminine avec des personnages d’ouvrières qui seront amenées malgré elles à s’essayer au maniement du pistolet et du fusil à canon scié. Cette féminisation des archétypes offre un pas de côté au film noir classique en bousculant les codes du genre et elle amène Allan Mauduit, en plongeant trois ouvrières peu rompues au maniement des armes dans un univers de mafieux, à réinventer les points de vue.

« Rebelles  » si on se place du pont de vue du traitement du milieu ouvrier, des conditions de travail à la chaîne, des relations entre ouvrières, se démarque totalement d’un cinéma à la Ken Loach pour opter largement pour la pure comédie. On est aussi très loin des «  Thelma et Louise  » et autres film évoquant des épopées féminines du genre. On reste dans les limites de la comédie à la française et le film n’a d’autres prétentions que de distraire avec des rebondissements bienvenus, les poursuites en voitures, tout cela saupoudré de la candeur nécessaire des protagonistes.

Les qualités de ce film tiennent beaucoup au tracé des trois portraits de femmes : une Sandra distante qui ne cherche à attirer la sympathie ni du public ni de ses sœurs d’aventure (on sent nettement chez elle la blessure d’un échec social à la suite de sa perte de notoriété), une Nadine femme sommaire aux caractéristiques de femme forte, pleine de bon sens et une Marilyn mère célibataire, tête de linotte, spontanée et rusée....

Le film est dans la tradition de la pure comédie de divertissement. Mais ici et là, Allan Mauduit saupoudre son récit de moments d’émotion qui sont bienvenus et donnent une respiration plus nuancée à ces «  Rebelles »...

Cécile de France, Yolande Moreau et Audrey Lamy composent un trio souvent savoureux.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)
  • « Femmes d’Argentine »
    En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un... Lire la suite (10 mars)
  • « Trois étés »
    Chaque année, Edgar et Marta qui appartiennent à la classe de la finance du Brésil organisent une grande fête dans la luxueuse résidence d’été qu’ils possèdent près de Rio de Janeiro. La réception est... Lire la suite (9 mars)
  • « La bonne épouse »
    Paulette Van Der Beck est la directrice d’une institution pour jeunes filles dont l’enseignement se résume à faire d’elles de futures parfaites épouses et maîtresses de maison. Ce genre d’établissement... Lire la suite (9 mars)