Communiqués

Recruter et former les enseignants de demain : une urgence qui mérite mieux qu’un coup de bonneteau !

Le Ministre de l’Éducation nationale a lancé ce matin une campagne de presse pour le recrutement, dit-il, de 17 000 personnels éducatifs, dont 8 600 enseignants de collèges et de lycées.
Il oublie de rappeler qu’il supprime dans le même temps près de 34 000 postes d’enseignants et CPE. Le bilan est donc bien de 16 000 enseignants en moins à la rentrée 2011.

Luc Chatel a bien raison de s’inquiéter du peu d’attractivité non seulement des métiers d’enseignant et de CPE, mais aussi des études qui préparent à leurs concours de recrutement. Une étude de son propre Ministère soulignait « la chute du projet de devenir enseignant : il n’est plus partagé que par 12% des inscrits en licence, soit une baisse de 11 points par rapport à il y a six ans » [1]
Il oublie simplement d’en indiquer les causes :
- Avec la diminution régulière du nombre de postes au concours depuis 2002 l’enseignement est devenu un débouché de plus en plus aléatoire !
- D’autre part le sabordage de la formation professionnelle après le concours, qui a placé à la rentrée 2010 les lauréats de concours à temps plein devant les élèves, a achevé de détourner de nos métiers des milliers d’étudiants. Depuis des mois, Luc Chatel nie la souffrance engendrée par la suppression de fait de l’année de stage.
- Enfin il refuse de voir la réalité des conséquences de sa politique sur les conditions de travail des personnels de l’Education et donc l’attractivité de nos métiers : la mise sous tension du système éducatif, un sentiment partagé de « travail empêché » et de désarroi…

Le Ministre n’est donc pas crédible lorsqu’il affirme que « les enseignants sont le pilier de l’école républicaine et méritent donc que leur employeur mette en place une politique de Ressources Humaines moderne ».

La campagne de communication du Ministre repose sur un jeu de bonneteau. Le SNES y dénonce tout à la fois un inquiétant déni de la réalité et un mépris pour les personnels titulaires, stagiaires ou précaires du Second degré.

Notes

[1« Les bacheliers 2008 : Où en sont-ils à la rentrée 2009 ? », Note d’information Enseignement Supérieur et Recherche 11.08, Mai 2011, page 8

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