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Réforme de l’orientation : audience du 17 septembre 2019

Le SNES-FSU (Xavier Marand, Géraldine Duriez, Frédérique Pénavaire) et le SNUEP-FSU (Sigrid Gérardin) ont été reçus au ministère par la conseillère sociale de JM Blanquer et des représentants de la DGESCO et de la DGRH.

Cette audience s’inscrit dans le cadre de la concertation des organisations syndicales et des associations professionnelles, organisée par le ministère autour du rapport Charvet annonçant la réforme de l’orientation. Elle fait suite à celle du 3 juillet 2019. Le calendrier est présenté par la conseillère sociale : après cette audience, une rencontre pourra éventuellement être proposée puis le ministre rendra ses arbitrages, courant octobre.
Un document, remis sur place, synthétise les 27 préconisations du rapport. Certains points abordés dans le document sont déjà en cours de réalisation car ils dépendent du cadre national de référence sur lesquels le SNES avait apporté une appréciation négative. D’autres points concernent le maillage des CIO et l’affectation des PsyEN. A ce propos, le MEN parle de réorganisation territoriale, et renvoie sur les rectorats dans les régions académiques.

Force est de constater que malgré les contributions que nous avions transmises lors de l’audience précédente, aucune de nos propositions n’a été retenue. (https://www.snes.edu/Rapport-Charvet-Refonder-l-orientation-Compte-rendu-de-l-audience-du-mercredi-3.html)

Le MEN a présenté un état des lieux et ses préconisations à partir de deux points de vue :
1. Point de vue de l’élève :
Constat :
Pour le MEN, les élèves ont besoin d’être davantage accompagnés dans leur orientation (notamment en terminale), ils ne connaissent pas suffisamment les métiers et ils manquent de connaissances sur la diversité des formations. Il faut travailler davantage sur les stéréotypes particulièrement de genre. Il n’y a pas assez de coordination et pas assez d’accompagnement par le PsyEN. Les actions sont trop ponctuelles.

Préconisations du MEN
Le cadre horaire (12h en 4éme, 36 h en 3éme , 54 h au lycée) permettra d’accompagner les élèves dans une découverte des métiers et des formations. Les Régions feront intervenir dans ce cadre horaire les organismes qu’elles mandateront pour faire « évoluer le regard des jeunes sur le monde professionnel. »
Ces actions devront être coordonnées par un référent orientation. Il faudra préciser ce qui est attendu de ce référent. Mme Bourhis dit avoir entendu nos remarques sur le glissement des missions du PsyEN vers le référent orientation. Elle précise que ce dernier ne devrait pas assurer de suivi individuel mais la coordination des actions collectives et le lien avec les partenaires extérieurs. Concernant la certification des professeurs aucune réponse précise sur la mise en place concrète ne nous a été donnée.

Le SNES-FSU et le SNUEP-FSU ont dénoncé la supercherie des heures dédiées qui sont globalisées dans dans la dotation globale horaire sous l’appellation « accompagnement personnalisé » et laissées dans la marge d’autonomie des établissements. Ces heures ne sont donc qu’indicatives.
Au lycée pro les heures « dédiées » à l’orientation risquent d’être utilisées par les branches professionnelles qui prôneront les avantages de l’apprentissage, par exemple. Par ailleurs, les régions ne vont pas développer une information exhaustive comme le fait l’ONISEP mais vont axer l’information et la découverte des métiers sur ceux du territoire. Le cadre national est loin d’être une garantie. Le SNES est intervenu pour rappeler sa position opposée à la création de référent orientation qui entraînera nécessairement un glissement des missions et un brouillage des compétences respectives. Mais l’affaire semble malheureusement entendue ! Par contre la conseillère sociale a indiqué qu’il n’était pas question de revenir sur la circulaire de missions des PsyEN ni sur celle des PP. Les élèves seront accompagnés dés le collège par leur PP et le référent orientation. Les élèves et leur famille pourront avoir accès à de la documentation sur les métiers et les formations en établissement. Toutefois, le MEN considère que les PsyEN, actuellement, s’adressent essentiellement aux élèves en difficultés. Pour le SNES et le SNUEP, les PsyEN ont bien vocation à prendre en charge tous les élèves. Notre circulaire « missions » précise bien quel est notre public cependant les effectifs d’élèves à prendre en charge par les PsyEN rendent difficile le suivi. Pour rappel, il n’ y a eu aucune création de poste depuis 30 ans.

2. Point de vue des structures et des ressources :
Perspectives :
Pour l’Onisep

  • Les données ONISEP seront disponibles gratuitement pour les Régions ( open-data)
  • La situation des personnels de l’ONISEP hors des 95 ETP restant à l’Education nationale sera examinée par la DGRH et la direction de l’ONISEP.
  • La répartition des compétences entre le CIDJ et l’ONISEP prévue dans le rapport Charvet est jugée trop précise par le MEN. Elle renvoie à des discussions entre ces établissements. De même que pour le CEREQ.
  • Nouvelle organisation territoriale avec la Direction de Région Académique à l’Orientation (DRAO). Mme Bourhis indique que le MEN ne souhaite pas donner des prescriptions précises et donc laisse les recteurs de région académique décider avec son équipe de l’évolution de l’organisation territoriale.
    Pour les CIO :
  • Mise en place d’un maillage CIO/ antennes de CIO dans des lycées « tête de réseau ». Malgré tous les arguments développés par le SNES concernant l’impossibilité de réaliser cette opération et son non sens, le ministère juge cette proposition très positivement.
  • Le maillage se ferait entre un ou des CIO (selon l’analyse territoriale qui sera faite) et des « antennes » en lycée. Mme Bourhis dit avoir entendu nos remarques sur la nécessité d’un travail en équipe, c’est pourquoi il y aura plusieurs PsyEN dans le lycée tête de réseau, ils ne seront pas isolés. Que les lycées soient saturés en effectifs, qu’ils manquent de locaux, qu’une antenne de CIO nécessite bien plus qu’un simple bureau, qu’une équipe ne se résume pas à quelques PsyEN rassemblés en un même lieu, ces éléments de réalité ne semblent pas intéresser le MEN.
    Pour les personnels leur rôle seraient ainsi défini :
  • IEN-IO : renforcement du rôle d’impulsion et d’accompagnement pour la mise en œuvre de la pédagogie de l’orientation
  • DCIO placé.e.s auprès des DRAO, ou des IEN-IO ou en CIO (dans ceux qui ne seraient pas fermés)
  • PsyEN en antenne dans les lycées ou dans le CIO départemental,

Pour conclure, dans ce schéma, aucune des remarques faites lors de l’audience précédente n’a été prise en compte,
Aucune réponse n’a été apportée aux questions que se pose la profession.

  • L’orientation est réduite à une problématique d’information.
  • Le rôle des PsyEN n’est abordé que sous cet aspect,
  • Le CIO n’apparaît que comme un lieu de diffusion de l’information et d’accueil du public non scolarisé.
  • Le travail de lien avec les partenaires de l’école, avec les chefs d’établissement pour déployer et analyser les politiques d’orientation dans les bassins est passé sous silence.
    Aucune réponse n’a été donnée sur les conditions concrètes de la mise à disposition. Nous avons repris les exemple des Régions Nouvelle Aquitaine et Centre-Val de Loire, très offensives pour obtenir des mises à disposition, et imposer aux collègues une double tutelle. Pour le ministère le cadre national de référence est la pièce maîtresse de cette nouvelle gouvernance.
    Sur toutes ces questions essentielles le ministère renvoie à des discussions dans les territoires. Pour le SNES-FSU, c’est inacceptable. Le corps des PsyEN et DCIO est un corps de fonctionnaires de l’État et ses missions sont définies nationalement comme son statut.
    Seule une mobilisation importante de toute la profession pour empêcher ce démantèlement complet du service permettra de stopper ces projets gravissimes.

Une journée d’action intersyndicale nationale dans les académies est déjà fixée pour le 15 octobre.

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