Année 2018-2019

Réforme du lycée (Bordeaux)

Le décret et les arrêtés concernant la réforme du lycée ont été publiés au journal officiel du 17 juillet. Ces textes cadrent l’organisation du lycée à partir de la rentrée 2019 pour les classes de seconde et de première, de la rentrée 2020 pour les classes de terminale ainsi que l’organisation du baccalauréat pour les épreuves anticipées de 2020 et du bac 2021.

Pour la rentrée 2018, rien ne change pour la classe de seconde mis à part la mise en place d’une évaluation commune dont les modalités pratiques restent encore à définir.

L’architecture générale du futur lycée ne change pas par rapport aux projets qui nous avaient été communiqués (www.snes.edu/Dernieres-nouvelles-du-front.html). Les risques de baisses horaires disciplinaires sont bien confirmés par les grilles publiées, ce qui laisse prévoir de nombreuses suppressions de postes dans les établissements.

L’accompagnement personnalisé n’a plus d’horaire dédié, ce qui signifie qu’il devra être pris sur la marge de 12 h en seconde et de 8 h en première et terminale. Il entrera en concurrence avec les groupes à effectifs réduits et les enseignements optionnels qui devront eux aussi être financés sur cette marge.

L’accompagnement au choix de l’orientation (au maximum 54h) pourra être pris en charge par des personnes mandatées par la région. Sachant qu’il n’y pas de financement dédié, soit on utilisera la marge soit on confiera à la région ce travail sur l’orientation au détriment du rôles des personnels spécialisés que sont les PsyeN.

L’utilisation de l’enveloppe de 12 h en seconde et de 8 h en première et terminale sera fixée par le conseil d’administration qui devra se prononcer après consultation du conseil pédagogique et des conseils compétents. Cette disposition vise à renforcer l’autonomie des établissements. Elle est d’autant plus dangereuse que la composition des conseils d’administration ne donne pas la majorité aux représentants des personnels enseignants. Ce sont donc les représentants des parents d’élèves et des élèves qui pourront peser lourdement sur l’organisation des enseignements.

La mise en place des épreuves du contrôle continu va alourdir le bac puisque les élèves devront subir près de 30 épreuves sur les deux années de première et de terminale. L’organisation des épreuves communes de contrôle continu est renvoyée au local mais avec une contrainte d’anonymat et de mise en place d’une commission d’harmonisation. Les tentatives de fraude à ces épreuves communes relèveront du même article que pour le bac actuel. Donc le ministère est en train de mettre en place une usine à gaz que les établissements auront bien du mal à gérer.

Nos craintes se confirment, le lycée Blanquer alourdit le bac, accentue sa dimension locale, met les disciplines en concurrence, renforce l’autonomie du chef d’établissement au détriment de la formation et de l’intérêt des élèves et des conditions de travail des personnels.

Jean Pascal MERAL

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