US Magazine 776 du 17 février 2018

Réformes Blanquer : la stratégie du flou

Les modalités du nouveau baccalauréat seront soumises au Conseil supérieur de l’Éducation le 21 mars. Les seules informations concrètes sur ces projets sont, pour l’heure, de vagues déclarations ministérielles et un dossier de presse.

Le baccalauréat et le lycée version Blanquer, dont les premières mesures devraient s’apppliquer en Seconde en septembre prochain, transforment profondément l’organisation des enseignements. La disparition des séries de la voie générale au profit de parcours individuels contraint par les attendus de l’enseignement supérieur risque à terme de renforcer la spécialisation des établissements et leur hiérarchisation. Les enseignements facultatifs, entièrement financés sur fonds propres, aux dires même du ministre, ne peuvent en l’état consti­tuer le gage d’une offre de formation diversifiée, surtout quand il encourage la mutualisation par bassin.

Par ailleurs, on ne sait pas grand-chose de la pérennité des sections européennes et du sort réservé à l’apprentissage des langues vivantes, si ce n’est la prise de position du Premier ministre en faveur des certifications extérieures à l’Éducation nationale. Le périmètre et le contenu des nouveaux enseignements pluridisciplinaires serait aussi laissé à l’arbitrage local.

Menaces sur l’offre

Dans un tel contexte, les enseignants deviendraient encore davantage tributaires des choix d’établissement et des stratégies individuelles des élèves. Bien difficile alors de chiffrer les pertes horaires, discipline par discipline, mais la logique de la réforme, conduira à sacrifier certains enseignements. Certains silences ministériels sont en outre bien inquiétants, concernant en particulier les heures à effectifs réduits. Que deviennent-elles ? Qui aurait en charge les heures d’accompagnement personnalisé du cycle terminal désormais entièrement dédiées à l’orientation ? Comment préparer les élèves au « grand oral » érigé en ultime argument de vente de la réforme ? Le SNES-FSU a interrogé précisément le ministère sur toutes ces questions mais n’a, à ce jour, reçu aucune réponse.

Claire Guéville

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