Année 2019-2020

Réformes lycées imposées : chaos organisé ! (Montpellier)

En son temps, la communication ministérielle a vendu les réformes du bac et du lycée comme des outils permettant de mettre fin au présumé cloisonnement socialement marqué des séries générales au profit d’un présumé libre choix de formation laissé aux élèves. Elles ont aussi été vendues selon la doxa de la présumée simplification du bac dans le cadre d’une démarche de Parcoursup. On sait maintenant ce qu’il en a été de l’une et de l’autre de ces promesses avec la publication de textes réglementaires qui complexifient le baccalauréat et contraignent les choix des élèves.

En passant, pour notre académie, ces réformes ont permis la suppression de 61,5 équivalents temps plein d’enseignants en lycées généraux et technologiques. Puis est venu le moment de la rentrée…

Des constantes…

Les effectifs par classe restent toujours aussi lourds (35 à 36 avec des pointes à 39). Le travail des élèves en serait-il amélioré ? Face aux effectifs réels, quelques classes ont été ouvertes par ajustement de rentrée, puis plus tardivement (le 23 septembre !), mais cela reste encore bien insuffisant pour permettre la réussite de tous les élèves. Les séries technologiques subissent le contrecoup de cette réforme avec un fort affaiblissement des STI2D.

Des nouveautés…

Les dégradations sont multiples : les options facultatives placées à des horaires improbables, voient fondre leurs effectifs et sont menacées à court terme ; les enseignements de spécialités (EDS) ont été placés en barrettes dans les emplois du temps, provoquant des répartitions de services chaotiques pour un très grand nombre de collègues, des emplois du temps à trous pour beaucoup de lycéens ; les mutualisations de ces EDS provoquent des incohérences pédagogiques (4 heures sur une même demi-journée) ou matérielles (horaires différents entre lycées, problèmes de navettes scolaires entre les deux). Certains EDS n’ont pas été ouverts avec les horaires réglementaires… tout cela pour le bien des élèves nous dit-on !

Le suivi des classes devient un vrai problème : malgré les pressions et même parfois les menaces, les professeurs principaux manquent à la rentrée. Pour les classes de seconde,beaucoup de collègues ne veulent plus revivre la situation de devoir faire entrer les élèves dans des choix de scolarité dès le milieu de l’année ; en première, le groupe classe a complètement éclaté et le nombre de professeurs à coordonner pour les conseils de classes devient monstrueux (pour l’instant le record académique est de 71 professeurs pour une classe) et ingérable alors que le contrôle continu prend une place de plus en plus importante dans le nouveau bac.

Les collègues placés dans une insécurité professionnelle grandissante, sont de plus confrontés à la mise en œuvre de deux nouveaux programmes (2nde et 1ère) dont les contenus posent parfois question (cf. la publication spéciale du secteur "contenus" du SNES national). Les manuels scolaires sont souvent absents à cette rentrée.

Le mécontentement est donc profondément ancré et les tensions sont nombreuses. Le SNES-FSU poursuit la dénonciation de ces réformes imposées et continue de demander leur suspension et leur abrogation. L’état de chaos ainsi délibérément organisé doit être dénoncé à tous les niveaux pour être reconnu comme la réalité de cette rentrée par une opinion publique la plus large possible.

Hervé FUMEL

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