Actualité théâtrale

Au Lucernaire -partenaire Réduc’snes- jusqu’au 20 janvier 2013

"Regardez mais ne touchez pas !" Mise en scène Jean-Claude Penchenat - Comédie de cape et d’épée de Théophile Gautier et Bernard Lopez

Au cours d’une promenade, le cheval que montait la Reine d’Espagne s’est emballé. Dona Beatrix est prête à donner sa main et son cœur à celui des chevaliers de la Cour qui volera à son secours et bravera l’étiquette, qui considère comme un crime de lèse-Majesté passible du gibet, celui qui approchera la main de la reine, fut-ce pour la sauver.

Mais, alors qu’on la croyait perdue, Griselda vient annoncer que Sa Majesté a été sauvée par un mystérieux et courageux chevalier. Qui est-il ?

Don Melchior, un fanfaron intéressé qui, sous l’œil approbateur du Comte, son oncle, convoite

Béatrix, s’approprie l’acte de bravoure qui en vérité revient à un modeste Capitaine de l’armée, Don Gaspar, lui-même secrètement amoureux de Béatrix.

Jean-Claude Penchenat fut Co-fondateur du Théâtre du Soleil et comédien. Il créa en 1975 le Théâtre du Campagnol devenu CDN à Chatenay-Malabry puis à Corbeil Essonne. Des succès inoubliables marqueront ce parcours professionnel tels " En r’venant de l’expo " de Jean-Claude Grumberg ou "Le bal" une création collective qu’Ettore Scola portera par la suite à l’écran pour ne citer que ceux-là.

Mais furent également mis en scène avec un égal bonheur, Marivaux, Goldoni, Balzac ou Shakespeare.

Jean-Claude Penchenat revient à l’occasion de l’année de commémoration du bicentenaire de la naissance de Théophile Gautier, avec la mise en scène d’un texte écrit en 1847, "Regardez mais ne touchez pas" , une comédie de cape et d’épée en trois journées.

Ce petit texte de l’auteur du " Capitaine Fracasse" dont la grâce, l’ironie et l’insolence ont séduit le metteur en scène, n’avait jamais été ni re-publié, ni rejoué depuis sa création.

Avec la complicité de l’équipe des jeunes comédiens de la Compagnie Abraxas, il a fait de ce pastiche du drame romantique une petite merveille de divertissement qu’on peut aller voir en famille, où chacun trouvera son compte face à tant d’inventivité, de drôlerie, de rythme, d’insolence bon-enfant.

Chacun des interprètes fait plaisir à voir, redoublant du plaisir d’appuyer son jeu, de "faire semblant" avec énergie et d’incessants clins d’œil farceurs ; et de donner un autre degré de narration avec la complicité d’une sorte d’homme-orchestre sur la plateau.

Celui-ci à la fois souffleur, lecteur de didascalies, correcteur d’accent, acteur à l’occasion, bruiteur avec accessoires de fortune, ouvrant et refermant la boîte à musique, accélérant ou freinant le rythme de la représentation avec des mouvements de moulinet, est irrésistible.

Entre commedia dell’arte et comédie débridée avec jeux d’éventails, œillades, rebondissements en cascades, cavalcades et duels en chambre, " Regardez mais ne touchez pas" est un divertissement, fin, intelligent, bourré d’astuces, tout à fait réjouissant.

A voir, pour s’offrir un moment de franc plaisir.
Francis Dubois

Le Lucernaire, Centre National d’Art et d’Essai
53 rue Notre-Dame des Champs 75006 Paris

www.lucernaire.fr

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 44 57 34

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « L’éveil du Printemps » de Alat Fayez
    A est un jeune étudiant, habitant de la planète Platonium. Il rêve d’aller un jour vivre sur la Terre qui le fascine à chaque fois qu’il la voit se lever, belle et impressionnante de luminosité... Il... Lire la suite (16 janvier)
  • « Cirque Plein d’Air » Les Caramels fous
    Au début du siècle dernier, un cirque installé à la périphérie de Paris et qui avait jusqu’ici joui d’un grand succès se retrouve subitement au bord de la faillite. La mort de la femme à barbe qui... Lire la suite (16 janvier)
  • « Nos éducations sentimentales »
    Dans L’éducation sentimentale, Flaubert faisait le portrait d’un jeune homme Frédéric qui arrivait à Paris prêt à se lancer à la conquête de la capitale. À la recherche d’une position sociale enviable,... Lire la suite (15 janvier)
  • « L’autobus »
    Ils sont neuf voyageurs dans un autobus dont le conducteur invisible semble avoir pris son indépendance, ne respectant ni les horaires ni le code de la route ni même le trajet, un voyage infernal... Lire la suite (12 janvier)
  • « Le souper »
    Le 6 juillet 1815 alors que la défaite de Napoléon est consommée, que les troupes coalisées sont dans Paris et que la révolte populaire gronde, Talleyrand, homme politique et diplomate à la carrière... Lire la suite (12 janvier)