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Un film de Gilles Bourdos (France)

"Renoir" Sortie en salles le 2 janvier 2013

En 1915, Auguste Renoir vit sur la Côte d’Azur. Âgé, condamné au fauteuil par l’arthrose qui le ronge et éprouvé par la mort récente de son épouse, il consacre la totalité de son temps à sa peinture dans un atelier où ses servantes le transportent quotidiennement.

Alors que ses fils Jean et Pierre ont été blessés à la guerre, le benjamin, âgé d’une douzaine d’années, passe ses journées à parcourir le domaine, à la façon d’un sauvageon.

C’est au moment où Renoir se sent définitivement vieilli qu’Andrée, une jeune villageoise attirée par les activités artistiques, se présente à lui.

Belle et rayonnante, le jeune fille au caractère bien trempé, deviendra pour le peintre sa source de jouvence. Elle aura été son dernier modèle.

Lorsque Jean réapparaît pour une période de convalescence, il tombe sous le charme d’Andrée. Devenue sa maîtresse, elle l’encourage à devenir cinéaste.

Ce qu’on pourrait reprocher au film de Gilles Bourdos, c’est d’être irréprochable, car il l’est comme un ouvrage sans bavures, sans excès ni audace, au sens réducteur du terme.

" Renoir" souffre d’un scénario linéaire aux articulations attendues, d’une application presque scolaire qui en fait un beau livre d’images sur les dernières années de la vie du peintre.

Le paysage, la maison, l’atelier, les servantes dévouées sont si parfaits qu’il semble qu’on les avait en tête avant de les avoir vus.

Christa Théret, qui est si parfaite quand elle endosse les personnages de jeunes femmes d’aujourd’hui, n’est pas très convaincante dans le rôle d’Andrée. Elle paraît empêtrée dans les

robes d’époque. La malice qu’elle a dans l’œil, ses moues, ses révoltes n’arrivent pas à convaincre de cette force de caractère dont on la charge.

Vincent Rottiers en fringant jeune officier est également saisi de maladresse et on a du mal à voir en lui le futur Jean Renoir.

Ce n’est sans doute pas le talent des jeunes comédiens qui est à mettre en doute mais plutôt l’histoire "flâneuse" où on les ballade. On les voudrait fougueux, passionnés, livrant leurs ambitions profondes. On n’a sur l’écran que les protagonistes d’une histoire paresseuse qui semble suivre une ligne narrative sans surprise.

Il reste Michel Bouquet qui, par un simple regard, en y ajoutant une touche de malice ou de gravité, réveille le film, lui donne tout à coup souffle et authenticité.

Pas un mot qu’il ait à dire, si anodin soit-il, qui ne se charge de force et de simplicité à la fois, et ne nous renvoie au personnage, à sa souffrance, à sa dignité, à son talent d’homme et d’artiste.

"Renoir" n’est pas un mauvais film. Chacun y fait ce qu’il a à faire. Les oliviers des collines y sont bien beaux et monsieur Michel Bouquet est un bien grand comédien. C’est son talent qui donne de la hauteur à cette réalisation.

Francis Dubois

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