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Rentrée 2020 en histoire-géographie : la rentrée du mépris

S’exprimant sur les réseaux sociaux suite aux inscriptions négationnistes à Oradour-sur-Glane, Jean-Michel Blanquer a remercié les professeur·es d’histoire-géographie qui « en s’appuyant sur des programmes explicites, transmettent les connaissances à nos élèves », puis « l’ensemble de nos professeurs dont le travail au quotidien est la meilleure arme contre le négationnisme et le complotisme ».

Il semble bien déplacé de profiter de ces faits révoltants pour vanter l’action du ministère en matière de programmes d’histoire. D’autant que, en fait de « programmes explicites », les professeur·es d’histoire-géographie, en collège comme en lycée, doivent mettre en œuvre des programmes infaisables dans le cadre horaire et matériel qui est le leur. Ce qui les contraint inévitablement à survoler un grand nombre de questions.

Aucune prise en compte des conséquences pédagogiques de la crise sanitaire

Lors du confinement du printemps 2020, les professeur·es ont dû trouver seul·es comment pallier la distance pédagogique avec leurs élèves et la disparition du cadre de la salle de classe. Le déconfinement et la rentrée ont soi-disant été accompagnés par des "fiches pratiques" que la plupart des collègues ont jugé inopérantes. En effet, les préconisations de chapitres et/ou de compétences à travailler en priorité ne tenaient pas compte des conditions réelles de l’enseignement en mai-juin ni de la "continuité pédagogique" auparavant. Les "priorités" indiquées dans la fiche de rentrée rédigée par l’Inspection générale pour le lycée sont lunaires. Il s’agit de "reprendre la progression programmatique normale" et de préparer les épreuves communes ainsi que les épreuves terminales du baccalauréat (c’est pourquoi il est important de bien faire tout le programme !)

Le Snes-FSU n’a cessé de demander que des modifications soient opérées dans les programmes afin de tenir compte de la période du confinement et des inégalités qui se sont creusées dans les apprentissages. Le Ministère reste manifestement sur une forme de déni en refusant tout aménagement, y compris provisoire.

De nouveaux textes parus en plein été

Les rares modifications parues en plein milieu de l’été concernent d’une part l’organisation du contrôle continu dans le cadre de la réforme du baccalauréat : les E3C deviennent « épreuves communes ». Rien de ce contre quoi personnels comme élèves se sont mobilisés pendant toute l’année scolaire 2019-2020 n’est remis en cause ! Mais dans ce contexte particulier, le Ministère a jugé prioritaire d’ajouter encore dans les programmes du collège des éléments relatifs à l’enseignement des questions climatiques et de la « transition écologique » - changements au mieux hypocrites, au pire inquiétants.

Contenus et pratiques pédagogiques : réfléchir dans un cadre syndical

Alors que la crise sanitaire a renvoyé chacun et chacune a l’exercice individuel de son métier et que les inquiétudes se multiplient quant aux conditions de rentrée (effectifs, crise sanitaire, etc.), il est plus que jamais indispensable de pouvoir s’appuyer sur un collectif de travail. Le Snes-FSU permet ce nécessaire espace d’échange, y compris sur des questions didactiques et pédagogiques à travers ses listes de diffusion disciplinaires. Le stage national Histoire-Géographie aura lieu comme tous les ans (si les conditions sanitaires le permettent) à l’occasion des Rendez-Vous de l’Histoire de Blois, les jeudi 8 et vendredi 9 octobre. Il existe des stages disciplinaires organisés par les sections académiques tout au long de l’année. N’hésitez pas à vous rapprocher de votre section Snes-FSU, ces stages sont en général ouverts aux syndiqué·es comme aux non syndiqué·es.

Si souhaitez être inscrit·e sur la liste syndicale disciplinaire, merci d’écrire à contenus.secretariat@snes.edu

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