Année 2018-2019

Rentrée au lycée Jehan de Beauce (Orléans-Tours)

Alors que la réforme du lycée se profile à l’horizon, nous avons interrogé Christelle Lambert, professeure d’histoire-géographie au lycée Jehan de Beauce et secrétaire d’établissement pour le SNES-FSU.

Comment s’est déroulée la rentrée à Jehan de Beauce, avec des effectifs en hausse continue et qui va se poursuivre dans les années à venir ?
La rentrée au lycée Jehan de Beauce s’est globalement bien passée, même si on est toujours en « flux tendus » : classes très souvent à 35 élèves, conditions de travail toujours aussi difficiles. C’est un peu le « calme avant la tempête » : on vit sur l’existant, dont on maîtrise le fonctionnement, pour la dernière année, juste avant les réformes tous azimuts de la rentrée 2019 qui vont avoir des conséquences qu’on a encore du mal à mesurer.

Quelle est la situation concernant la direction ?
Le proviseur est en arrêt maladie depuis mi septembre, un des deux proviseurs adjoints est donc proviseur par interim, et assume parfaitement la fonction, mais la charge de travail au lycée Jehan de Beauce ne peut être absorbée à deux. Nous scolarisons presqu’autant d’élèves que le plus gros lycée de l’académie, le lycée Grandmont de Tours, qui lui a 4 chefs d’établissement. Nous demandons donc la nomination d’un 4ème chef d’établissement à JdB.

Comment vois-tu la réforme du lycée, et comment les collègues la voient-ils ?
Les collègues sont inquiet-e-s et mobilisé-e-s. Les nombreuses annonces et divers projets de l’an dernier deviennent réalité, et « en même temps » nous avons très peu d’informations à quelques semaines de la DHG. Les filières de bac général disparaissent au profit du choix de trios de spécialités en première, qui deviendront des duos en terminale. Aucune idée des programmes pour l’instant, à part des fuites depuis les éditeurs (qui en savent plus que nous sur les futurs programmes !) ; rien sur les futures épreuves de bac, dont les premières auront lieu au deuxième trimestre de la première ! Quid du temps de préparation des élèves à ces exercices ? Certaines spécialités ont des appellations floues, donc difficile de savoir quelle discipline va être amenée à les enseigner. Les bacs technologiques sont maintenus mais dans la filière STI2D, le recrutement en seconde pourrait être compromis si les élèves ne choisissent pas l’enseignement technologique en option. Or, il n’est plus obligatoire d’avoir des enseignements optionnels en seconde à partir de la rentrée 2019, et des heures d’enseignement vont encore être perdues. Cette filière a déjà été profondément réformée et impactée voici 6 ou 7 ans, on aurait pu s’attendre à ce qu’elle soit cette fois épargnée Les bacs professionnels sont également maintenus, mais la réforme des lycées professionnels prévoit de retarder la spécialisation des élèves avec une seconde par « famille de métiers », et un choix des élèves en fin de seconde entre le statut scolaire et le statut d’apprenti. A terme, y aura-t-il fusion entre CFA et lycées professionnels ? Des postes sont en jeu, mais difficile de savoir combien ? Cela va dépendre des choix des élèves...

Des changements de statut se profilent : 2 heures sup imposées au lieu d’une, risque d’annualisation des services de nos collègues du lycée pro... Un changement de métier s’annonce aussi, avec la multiplication des épreuves dites « communes » qui va obliger à des progressions communes et risque d’atteindre à notre liberté pédagogique.

Comment fonctionne la section syndicale SNES-FSU du lycée ?
En fait, la « section syndicale » se confond avec la liste de colistiers présentée au conseil d’administration, composée de syndiqué-e-s et de non-syndiqué-e-s, de collègues issu-e-s des différentes filières du lycée général, technologique et professionnel. Etant donné la taille du lycée, c’est un gros travail, et c’est passionnant parce que très varié vu la diversité des formations proposées, des conditions de travail, et aussi des publics.

Propos recueillis par Franck Mousset

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