Crise du coronavirus

Rentrée dans la zone...d’inconfort

« On est prêt. » Qui peut oublier qu’à chaque fois que le ministre de l’Éducation nationale prononce cette phrase (E3C, école à distance) l’institution frôle le crash ? Obnubilé par son calendrier médiatique et politique, Jean-Michel Blanquer oublie bien souvent les réalités du terrain. Les témoignages (professeurs en poste fixe ou TZR, CPE, AESH) ci-dessous confirment une chose : zone verte ou rouge, ce sont les personnels qui font vivre le service public au quotidien, imposant des conditions strictes de réouverture, pour garantir la santé et la sécurité de tous.

Sommaire
ZONE VERTE
Académie de Normandie (professeur, AESH)
Témoignage d’un collègue TZR
Académie de Limoges (CPE)
Académie de Lyon (professeurs, notamment en Éducation Prioritaire)
Académie de Clermont-Ferrand (professeurs, notamment en Éducation Prioritaire)
Académie d’Aix Marseille (CPE, professeur en Éducation Prioritaire)
Académie de Rennes (professeur)
Académie de Toulouse (AESH)

ZONE ROUGE
Académie de Paris (professeur)
Académie de Strasbourg (professeur)
Académie de Versailles : organisation d’une AG virtuelle départementale des sections d’établissements

ZONE VERTE

Académie de Normandie

Léon LEFRANÇOIS, collège Charles Gounod de Canteleu
Protocole sanitaire aberrant !
Dans mon collège, le protocole élaboré par la direction, sans réunion de la CHS, permet d’accueillir jusqu’à 240 élèves. Or, ils seront ensemble en récréation et se partageront 12 lavabos. La fontaine de gel achetée délivre un gel biocide, mais pas virucide, malgré les recommandations de l’infirmière qui n’a jamais été consultée. Quant au produit pour désinfecter la photocopieuse, il doit être manipulé par les enseignants, juste avant chaque utilisation. Or il a besoin d’une heure pour agir !
 

Julien BERTHIER-CHATAIL, collège Edouard Branly de Grand-Quevilly

Bon chef = bonne reprise !
Dans mon collège, la reprise se passera bien. Non qu’on nous ait livré tout le matériel nécessaire, ou que nous ayons été associés à la rédaction du protocole de reprise, mais parce que notre chef est humain et intransigeant sur la protection de tous : aucune pression à la reprise en présentiel, aucun personnel sans masque et pas d’ouverture de l’établissement sans masque ou gel. Mais qu’il est décevant de ne pouvoir compter que sur la bonne volonté d’un chef pour que tout se passe au mieux !

Solène RAMOS, AESH
AESH et protocole sanitaire : le grand écart
En tant qu’AESH, je n’ai reçu aucune consigne spécifique. Comme toujours, il faudra s’adapter, au cas par cas. L’application de la distanciation physique me paraît difficile : certains élèves attendent que je leur donne un mouchoir, que je capte leur regard pour se concentrer ou que je touche leur main pour les ramener à leur travail. D’autres utilisent des ordinateurs qu’ils ne maîtrisent pas seuls. Les indications pour se repérer dans l’espace vont être laborieuses et bien plus longues.

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TZR

Reprise le 18 mai : une situation absurde !

Je me rends dans un des collèges où je travaille pour une heure… et je ne revois ces élèves que dans 15 jours avec le pont de l’Ascension. Quel bénéfice ! Tout ça pour ça !
La non-communication de la direction, l’impréparation, les TZR ignorés, voilà les difficultés que nous rencontrons. Les TZR sont contraints d’aller à la pêche aux infos, et sont souvent oubliés, voire niés par certaines directions et par leurs propres collègues… cela reste dur à vivre…).

Une « plénière » en présentiel se tenait le 12 mai, à laquelle je n’ai pas assisté, parce que je devais me rendre dans un autre établissement où j’effectue l’essentiel de mon service. Le principal invitait à un « débat » avec les professeurs. Ce dernier s’est présenté avec le protocole de 60 pages et les vidéos du ministère sous le bras.

Ce même jour, des conseils d’enseignement se sont tenus pour la répartition des services. Sollicitant cette même direction, quelques jours avant le 18 mai, pour avoir des informations précises sur les conditions de reprise, cette dernière s’est contentée de me répondre qu’elle a fait « une plénière » la semaine d’avant ! Or j’étais, le 18 mai, le premier enseignant à prendre en charge les élèves de ma classe de 6ème. J’étais censé leur expliquer les « bons gestes » et le dispositif sanitaire. J’ai donc demandé à la direction s’il y avait une vidéo, un diaporama à leur présenter. Il n’y en avait pas. Deux jours après ma demande, la direction a finalement adressé à l’ensemble des 60 collègues les points essentiels à rappeler aux élèves : arrivée du matin, récréation, demi-pension. Et un diaporama a été adressé aux familles […]
Certaines directions se préoccupent peu de leurs personnels les plus exposés. Dans cet établissent le 18 mai, j’ai été surpris de ne voir aucun accueil de la direction à l’entrée à 8h15. Personne pour filtrer les deux entrées. Il y avait un spray à moitié plein posé sur une table avec de l’alcool désinfectant. C’est tout. On nous demandait de rassurer les enfants, de faire en sorte qu’ils aient une « reprise » apaisée. On nous a demandé de leur parler d’autre chose que de la pandémie ! Mais certaines directions ont été incapables de rassurer les personnels, ne serait-ce qu’en leur posant la question : « Comment allez-vous ? »

En classe, au matin du 18 mai, je portais un masque en tissu mais difficile à supporter pour respirer. Les masques « Éducation nationale », plus légers, étaient dans le bureau du principal… Je ne l’ai appris que par hasard en croisant une AESH dans un couloir.
Les élèves, eux, devaient se munir de leur propre masque.

Dans la classe, Les tables étaient installées (un élève par table). Mais étant le premier à reprendre une classe de 6ème, j’ai dû coller les étiquettes en tenant compte des absents, de ceux qui viendraient peut-être plus tard, ou peut-être pas, au jugé. Il n’y avait aucun rouleau de papier propre sur le bureau du professeur pour nettoyer le poste de travail, ce qui me semble être obligatoire. En revanche, il y avait un spray avec un fond de liquide désinfectant près de l’ordinateur. Lorsque je suis parti du collège, j’ai n’ai eu aucun « au revoir » d’un des deux chefs ’établissements, que j’ai croisés, et qui a tourné le regard. J’en ai gros sur le cœur. Et je suis en colère.
Certaines directions d’établissement se moquent du travail fourni par les enseignants durant ces 2 mois de confinement. Et je me contrefiche des twitto-remerciements quotidiens du recteur.

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Académie de Limoges

Didier Barros, CPE, collège Jean Moulin, à Brive
De la revendication à l’organisation
Dans mon établissement REP+, la préparation de la reprise s’est faite dans les meilleures conditions quant aux relations avec notre direction. La consigne syndicale du SNES a été suivie : protocole établissement plus sécurisant que le protocole national, réunion d’une CHS, d’une CP et d’un CA. Tenue des réunions en distanciel, à part la réunion de pré-rentrée laissée à l’appréciation des collègues : certains, par groupes de dix, en présentiel, les autres en visioconférence. Par contre, ce sont à peine 18 % de nos élèves de 6°/5° qui vont revenir. Les élèves les plus défavorisés ne seront pas au rendez-vous […]
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Académie de Lyon

Marc Rollin, collège Clémenceau-Lyon 7°
Risques inconsidérés
Jeudi 7 mai, 19h, veille d’un week-end de trois jours, les personnels reçoivent enfin une information sur la « reprise » : ils sont convoqués dès lundi à un conseil pédagogique puis à une réunion de PP (de la 6° à la 3°) et à des instances (commission permanente et conseil d’administration), en présentiel, toute visio étant refusée, pour parler d’une organisation pédagogique déjà arrêtée. Il faut hausser le ton pour s’assurer qu’il y aura du gel et des masques pour ces réunions. Lundi 11 mai, 14h, la réunion du conseil pédagogique se fait bien avec des masques mais ceux pris aux agents de la Métropole, ceux de l’Education nationale n’étant pas arrivés. Il est prévu de faire travailler les élèves dans une toute nouvelle annexe où les personnels seront seuls (sans CPE ni direction) dans laquelle des problèmes de sécurité, pointés par la CHS d’établissement avant le confinement, ne sont pas réglés. Là encore, seule la menace de risques psycho-sociaux et d’interpellation des autorités fait reculer la direction. 

Nadège Pagliaroli, Collège Mistral-Feyzin
Incertitudes et attente
L’inquiétude grandit au collège depuis le 11 mai, date à laquelle nous avons été convoqués à la CHS et le lendemain, au CA. Durant ces instances, nous sont présentés un protocole sanitaire bien ficelé et un nouveau fonctionnement pédagogique. Quelle ironie, quand on sait que les 2 sanitaires destinés aux élèves dans la cour de récréation, ni rénovés, ni développés malgré nos innombrables demandes en CA depuis des années, ne sont pas du tout suffisants pour respecter le protocole. Notre intendant a eu du nez, juste avant le confinement, une trentaine de distributeurs de gel hydroalcoolique ont été installés dans tous les espaces communs et toutes les salles utilisées du collège. Nous attendons des dotations du rectorat et de la Métropole de Lyon… Pas de masques en vue jusqu’au jeudi 14 mai fin d’après-midi, veille d’AG entre professeurs et d’un retour des élèves en classe lundi 18 mai ! Mais, on est prêt, non ?

Amiel Gerin, Collège REP Les Iris-Villeurbanne
Pour la liberté pédagogique
La direction a fait le choix d’une reprise avec un fonctionnement de type « un groupe d’élèves = une salle = un professeur » pour chaque demi-journée de 3h, avec des cours assurés uniquement le matin. Cela nous permet d’appliquer plus simplement le protocole sanitaire, et de ne faire revenir qu’une trentaine de professeurs pour une centaine d’élèves, les autres enseignants continuant le travail en distanciel. Mais des questions d’ordre pédagogique se sont posées : sur le cumul présentiel/distanciel (la plupart des professeurs ne reprenant que sur 6h à cause du nouveau fonctionnement), la possibilité de faire d’autres activités en classe que simplement de l’aide au travail donné sur Pronote (souhaitée par la direction), et la reprise de septembre (nous étions inquiets de la pérennisation de ce fonctionnement si les conditions sanitaires restaient strictes).
La mobilisation a été difficile : les réunions se sont enchaînées durant la semaine du 11 mai, et se concerter avec les collègues dans un délai aussi court a été très compliqué. Malgré tout, nous avons obtenu que le cumul présentiel/distanciel ne soit pas demandé, et nous avons rappelé que la liberté pédagogique de chaque enseignant s’applique, même dans cette période particulière. L’inquiétude est de mise, mais nous restons solidaires.

Lionel Bernigaud, Collège Schoelcher-Lyon 9°, REP +
En bonne intelligence
Des visioconférences ont eu lieu la semaine du 11 mai en 2 temps : professeurs de 6e/ 5e puis de 4e/3e. Le principal a fait état de sondages réalisés auprès des familles et nous a annoncé des effectifs de l’ordre de 3 à 4 élèves par classe en moyenne pour des groupes qui ne dépasseraient pas les 10. Sur le niveau 6e (mais pas en 5e), des regroupements seront mis en place en raison de classes parfois complètement absentes. Les groupes-classe auront une salle de classe dédiée, et les professeurs tourneront dans ces salles pour éviter les contacts dans les couloirs. Des entrées et sorties échelonnées, fléchées, et des allégements de service sont prévus pour soulager le travail déjà fait à distance et qui devra continuer. Masques et gel ont été livrés pour le personnel et les élèves. Le principal s’est voulu rassurant et conciliant notamment envers les professeurs qui hésiteraient à reprendre en raison de leur état de santé ou de problématiques familiales. Les demandes d’ASA ont toutes été acceptées.

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Académie de Clermont-Ferrand

Bertrand Philippon, collège Verrière à Issoire
Préparatifs chaotiques de reprise
Un premier message arrive le Jeudi 7 mai : réunion plénière, concernant une quarantaine de personnes, programmée le Lundi 11 mai, dans une seule salle de l’établissement.
La situation est extrêmement tendue au collège, entre l’équipe de Direction et une partie des personnels. La Principale retire des documents du panneau syndical SNES. Les échanges ne se font plus que par courriels depuis plusieurs années. Le Secrétaire du S1 rappelle à la Principale les décisions prises lors du CHSCTM du 7 mai (les réunions doivent se faire en petits groupes ou en visio-conférence). Simultanément, le DASEN 63 tente de recadrer ce type de réunions.
Dimanche 10 mai, nouveau message : la réunion est ajournée.
Le Lundi 11 mai, marche arrière toute : des réunions en petites groupes sont annoncées Jeudi 14. Il est demandé aux personnels de se munir de leur propre masque, au cas où l’établissement ne serait pas livré à temps ! […]

Géraldine Artaud, collège Baudelaire à Clermont-Ferrand, REP+
S’organiser pour assurer la sécurité
La continuité pédagogique a souligné le faible taux d’équipements de certaines familles. Des envois hebdomadaires ont été effectués par l’établissement, parallèlement à l’organisation de l’accueil (très peu fréquenté) des enfants de soignants.
La principale, consciente que les collègues seraient majoritairement attentifs aux conditions de reprise, a adopté une ligne claire et responsable : « Pas de masques, pas de réouverture. »
Depuis le 16 mars, des réunions d’enseignants et CPE se sont tenues par Internet. « Conseil pédagogique » le 11. L’infirmière tâche de rassurer les personnels sur l’application du protocole, dont la direction fait la clé du retour, rédigeant un modus operandi fort détaillé. Le S1 informe sur les CHSCT départemental et académique récents.
56 élèves, signalés par les parents avant le 13 mai, viendront par plages de 3 heures, sans cantine, sans permanence, dans un nombre limité de salles équipées d’informatique, (15 au maximum) pour travailler sur les consignes transmises à distance. Des collègues d’EPS souhaitent se charger de séances en plein air. Il est prévu que les professeurs soient dans les locaux 3 heures une fois par semaine, sans plus de 2 AED à la fois. Lors du conseil pédagogique, l’organisation est approuvée à 90 % (vote en ligne). CHS et CA vont suivre, toujours par Internet.
On apprend le 14 mai que des masques ont été livrés.

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Académie d’Aix Marseille

Ramadan Aboudou, CPE collège Darius Milhaud à Marseille
Des CPE concepteurs de leur activité
Le calendrier de reprise, tel qu’il a été présenté le 11 mai, soulignait des contradictions alarmantes. En effet, ce dernier prétendait s’appuyer sur les élèves à « raccrocher » mais ciblait des niveaux. Quid des EBEP (élèves à besoins éducatifs particuliers) ou des dispositifs de décrochage. Il était urgent de cibler dans un collège de 750 élèves avec Ulis, Segpa et UPE2A, des priorités dans l’optique d’une reprise progressive et adaptée qui ne doit pas avoir lieu dans les conditions classiques. Il était nécessaire de travailler sur des consignes claires pour les entrées, les sorties, les déplacements qui, s’ils ont lieu, doivent être échelonnés et par très petits groupes. Il était indispensable de pouvoir anticiper sereinement une organisation qui n’expose pas les personnels de vie scolaire.
Enfin, il fallait établir une liste d’élèves prioritaires à croiser avec les élèves volontaires en collaboration avec les enseignants.
Le fantasme du CPE comme personnel de direction élargi et chef de service va s’envoler devant les réelles priorités, à savoir réaffirmer la notion de CPE concepteur de son activité au service de l’élève. Le contexte a montré les limites de l’action « bureaucratique » et administrative. Nous avons été des rouages essentiels pour les familles et les élèves, laissant la gestion et le « pilotage » aux chefs d’établissements dans leurs discussions avec Dasen et Recteur. Ceci a renforcé la proximité avec les salles des professeurs, afin de rendre le travail le plus efficace possible pour les élèves. Les échanges avec les Psy En et les AS ont contribué à apporter des aides et à trouver des réponses aux grandes difficultés sociales. L’organisation du travail de l’équipe « vie scolaire » pendant le confinement et pour la reprise, est totalement axée en collège, sur les espaces vie scolaire.
La dernière enquête du CHSCT à Aix-Marseille qui date de février montrait une fracture trop évidente entre CPE et enseignants. La période allant de mars à mai a sûrement créé un autre lien et redistribué les cartes.

Fanny Tailleu, collège Vallon des pins à Marseille, REP+
Des inquiétudes pour l’avenir
Au collège Vallon des Pins, REP+ de Marseille, de nombreux élèves ont subi le confinement dans des conditions difficiles. Pour cette reprise, les masques tardant à arriver dans le collège, la direction a proposé aux collègues un « atelier couture » pour que nous fabriquions des masques en tissu lavables. Ceci a fait débat : quid des normes, de la responsabilité de la direction, de l’engagement des autorités dans la fourniture du matériel ?
Nous avons finalement confectionné des masques pour les personnels et la vingtaine d’élèves présents. Nous regardons d’ores et déjà vers septembre avec inquiétude : avec 140 heures perdues en 2 ans pour un effectif stable, il va falloir remettre des moyens pour nous permettre de mener à bien notre mission !

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Académie de Rennes

Fabienne Mocaer-Stéphan, collège Martin Luther King de Liffré
Rester présents sur le terrain
Réouverture prévue du lundi 11 mai au jeudi 14 mai pour les agents, ASEN-AED, AESH et les enseignants de 6ème et de 5ème. Notre établissement compte près de 750 élèves (environ 270 en 6ème-5ème). Près de 70% des familles ont prévu de nous confier leurs enfants.
Une première réunion virtuelle avait été organisée le 5 mai : échanger avec la Direction sur les conditions de reprise. Les représentantes du SNES et du SNEP-FSU avaient commencé le travail d’information auprès des personnels : plusieurs conférences téléphoniques dès le 16 avril puis, dès le 27, une conférence téléphonée HIS par semaine. […]
Les collègues auraient souhaité que les préconisations du Conseil Scientifique soient respectées (rentrée en septembre). Ils sont désormais partagés entre le désir de retrouver leurs élèves en classe et l’inquiétude face au double travail qui en découlera immanquablement dès la reprise du 18. Nous restons mobilisés pour notre santé, notre sécurité et celle de nos élèves.

Une collègue en collège
Des heures d’attente
De nombreuses questions ont été posées par les équipes sur les conditions de la reprise. L’administration répond mais vendredi 15, veille de la réouverture : « un "Kit" (affiches et petits films) sera remis aux professeurs principaux qui seront tous en 1ère heure avec leurs élèves. Les effectifs des groupes se situent entre 7 et 12. L’effectif dans l’établissement sera de 63 élèves la 1ère semaine et 65 élèves la seconde. Du gel est prévu à l’entrée de la salle. Dans les casiers un lot de 6 masques lavables 20 fois et des crayons personnels. Chaque classe est équipée d’un kit de désinfection pour le matériel informatique. Il faut passer ses mains au gel hydroalcoolique à chaque entrée de classe. Les toilettes des étages sont fermées, les élèves se rendent au rez-de-chaussée. Pour l’infirmerie, les élèves ne passent plus par la vie scolaire, des billets d’infirmerie sont à disposition dans une enveloppe dans chaque classe. La liste des élèves attendus sera affichée dans chaque classe. La salle de techno est réservée aux professeurs et un espace personnel vous y est attribué. »
La reprise telle qu’elle est envisagée est démotivante. J’imagine le nombre d’heures d’attente entre chaque présentiel. Cela commence dès lundi : Je dois être présente de 8h30 à 9h30 pour accueillir des 6èmes en tant que PP, puis, présentiel à 14H. Et, c’est ainsi chaque jour…

Mardi : 10h30 -11h30 puis 15h-16h... Entre les 2, je suis masquée et en attente en salle techno. 
Les collègues sont inquiets mais, conscience professionnelle oblige, ils ont travaillé énormément le week-end pour être prêts pour la réouverture.

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Académie de Toulouse

Marc, AESH
Sortir de l’ombre
On n’a jamais eu de consignes, ni pendant le confinement, ni maintenant : on n’existe pas. Il a fallu improviser, prendre contact comme je pouvais, par téléphone avec mon élève autiste. Je n’avais pas accès à l’ENT, j’ai dû utiliser le compte de mon élève et y découvrir les cours, les consignes des professeurs. Pour partager les informations, la peur du virus, et surtout celle de ne pas voir mon contrat renouvelé, j’ai créé un groupe WhatsApp des AESH du lycée. On échange, on prend des nouvelles : quand reprend-on ? Est-ce qu’on aura des masques ? Là encore, aucune information. Sortir de l’ombre, ce n’est pas encore gagné, même si je participe aux heures syndicales.
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ZONE ROUGE

Académie de Paris

Claire Michelet, collège Mozart, REP
Coupure de micro !
Sans attendre la carte définitive (zone rouge ou verte), la pré-rentrée a été programmée dans mon établissement le 14 mai puis repoussée au gré des annonces. Le principal organise la reprise pour le 3 juin, quoi qu’il en coûte, et fixe des conditions, certes conformes au protocole, mais non concertées. Un conseil pédagogique (visioconférence) s’est tenu. Nous avons tenté d’émettre des objections… non prises en compte. On m’a même coupé le micro. Et le principal de se montrer satisfait de la réaction très positive des professeurs ! Le protocole fourmille de contraintes qui augmentent notre charge de travail : accompagner les élèves en récréation et jusqu’à la sortie, etc. Selon notre chef d’établissement il faut se montrer solidaire en temps de crise et « faire notre part du travail ». Le protocole implique que les professeurs n’auront plus de salle attitrée, ce qui n’est pas sans poser de problèmes pour les professeurs d’éducation musicale, entre autres, qui ne peuvent plus disposer de leur matériel pédagogique. Tout cela alors que nous sommes en zone rouge !

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Académie de Strasbourg

Séverine Charret, collège Lezay Marnésia
Explosion du temps de travail et charge mentale
Nous avons eu une première heure d’info syndicale en visio le 7 mai avec une quinzaine de collègues. Cette réunion a été l’occasion d’une information sur le contenu du protocole et les exigences de garanties sanitaires fortes. En l’absence de date de reprise dans notre académie, difficile de se projeter. Les inquiétudes des collègues ont surtout porté sur les situations personnelles (pathologies ou garde d’enfants), le nombre d’élèves susceptibles d’être accueillis et l’organisation pédagogique (maintien du groupe classe ou regroupement d’élèves, cumul présentiel/distanciel). Nos échanges ont aussi concerné l’enseignement à distance qui s’est surtout traduit, pour une partie des collègues, par une explosion du temps de travail et une charge mentale importante à travers l’incitation à maintenir le lien avec tous les élèves. Depuis, la reprise se prépare du côté de l’administration : Sondage des familles pour savoir quels élèves seraient présents en cas de reprise, réunion à venir de la CHS, du conseil pédagogique et du conseil d’administration pour travailler sur le protocole sanitaire. Nous avons aussi prévu une 2e heure syndicale une fois que nous aurons les documents sur lesquels nous appuyer… Alors que nous sommes toujours dans l’incertitude de la réouverture et l’attente d’une date.

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Académie de Versailles

Delphine Romagny, co-secrétaire départementale du Snes 78
Continuité syndicale
La fermeture des établissements mi-mars à mis un coup d’arrêt soudain aux moments d’échanges qui nous permettent au quotidien d’agir collectivement avec nos collègues. Mais pas question de laisser les collègues isolés ! A l’heure de la réouverture des collèges de nombreuses questions se posent et le besoin de récréer du collectif autrement se fait sentir. Le SNES 78 a donc pris l’initiative de réunir en AG virtuelle les sections d’établissement des Yvelines. Une trentaine de S1 ont répondu à l’appel. Les questions ont été nombreuses : des droits et obligations des personnels à la réorganisation des établissements en vue de la réouverture, en passant par l’organisation d’heures d’informations syndicales, et le rôle à jouer par les élus au CA. L’action collective s’organise à distance mais est bien vivante ! Les témoignages serviront aussi à faire remonter à la DSDEN les difficultés rencontrées sur le terrain et ainsi défendre la santé et la sécurité de tous.

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