Actualité théâtrale

Du 10 janvier au 19 mars au Studio Hébertot

« Résister c’est exister »

Quand on parle de la Résistance on pense aux sabotages, au Colonel Fabien abattant un officier allemand en plein Paris, aux Maquis du Vercors et d’ailleurs, mais la Résistance ce sont aussi des petits gestes accomplis par des hommes ordinaires qui ont refusé de se résigner, qui ont dit « non », parfois au péril de leur vie. Ce ne sont pas seulement les actions d’éclat qui ont permis à la Résistance de triompher, ce sont aussi ces « chers terroristes en gilet tricotés par Bobonne » comme les nomme avec tendresse un des chefs de la Résistance, c’est l’enfant qui pose un bouquet de fleurs noué d’un ruban bleu blanc rouge au pied du Monument aux morts le 11 novembre, c’est le policier qui met à l’abri un enfant juif, c’est l’homme qui met dans le réservoir des voitures allemandes tout le sucre qu’il a acheté au marché noir.

Théâtre : Resister, c'est exister

Ce sont tous ces hommes et ces femmes, qui n’ont pas forcément été des héros célébrés mais qui se sont levés pour défendre la liberté, leur dignité et pour pouvoir se regarder dans un miroir sans honte, que fait vivre ce texte d’Alain Guyard, inspiré de témoignages authentiques. Il y en a une quarantaine, ouvrier, paysan, jeune mère, immigré, proviseur, médecin, étudiant. Le plateau, dans la mise en scène et la belle scénographie imaginée par Isabelle Starkier, est maintenu dans la pénombre et habité par une véritable « armée des ombres ». Des chaînes, symboles de l’oppression, supportent des vêtements dans lesquels l’acteur François Bourcier se glisse, interprétant tous ces résistants simples, hommes et femmes, enfants, jeunes ou retraités. Il est remarquable, on sent son admiration pour ces hommes et ces femmes qui ont souvent payé de leur vie les gestes qu’ils ont accomplis et son humilité dans le souci de leur donner vie. Il y a du drame, mais aussi de l’humour et toujours beaucoup d’émotion. La musique trouve sa place avec la Cinquième Symphonie de Beethoven, un peu l’hymne de la Résistance, adopté par Radio Londres comme jingle avec le Pom, pom, pom célèbre, une chanson de l’époque ou Le chant des partisans dont on voit naître le titre. Et l’acteur rappelle à la fin qu’il y a encore bien des motifs pour dire non et résister si l’on pense à la montée de l’extrême droite, au rejet des immigrés, à la poursuite en justice, à la demande des députés LR des Alpes Maritimes, de ceux qui aident des enfants de réfugiés épuisés arrivés d’Italie.

Ce spectacle a déjà été joué 600 fois en Région, il arrive à Paris. Courez le voir et emmenez-y vos élèves.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 17h

Studio Hébertot

78 bis Boulevard des Batignolles

Réservations : 01 42 93 13 04

Se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours

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