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Un film de Mélanie Laurent (France)

"Respire" Sortie en salles le 12 novembre 2014.

Charlie, une lycéenne de dix-sept ans, vit douloureusement la séparation de ses parents immatures. Elle est réservée, secrète, peu encline aux relations que les filles de cet âge entretiennent entre elles.

Jusqu’au jour où, débarquant d’Afrique où sa mère travaille pour une organisation humanitaire, survient Sarah.

A l’opposé de Charlie, Sarah est resplendissante, culottée, sûre d’elle.

En dépit du contraste de personnalités, une relation complice s’installe entre les deux adolescentes.

Un weekend en famille où Sarah est invitée va souder leur amitié et confirmer les sentiments de plus en plus débordants de Charlie.

Mais subitement, sans crier gare, Sarah se met à délaisser Charlie et agit vis-à-vis d’elle de telle sorte que celle-ci devient la tête de turc de la classe, celle qui voit naître des inscriptions insultantes à son sujet sur les murs du lycée, celle qu’on évite, celle qu’on harcèle au téléphone.

Cinema : Respire

Mélanie Laurent sait parfaitement mettre en place son sujet.

La première moitié de son film, dont la construction constituée de courtes séquences qui suggèrent plus qu’elles ne démontrent, est très efficace.

Très vite, le contour des personnages se dessine, les situations se précisent, les atmosphères surgissent autant d’un brouhaha autour d’une table que d’un échange de regard, que d’un fou-rire incompressible.

La mise en scène reste virtuose tant que le scénario nourrit le récit.

Et sans doute parce que Mélanie Laurent est plus habile à faire naître une amitié fulgurante qu’à décrire son effritement, le film se met à perdre ici et là ce qui faisait son charme et sa richesse : le souffle d’un rythme.

Le souffle qui revient de façon récurrente tout au long du film, qu’il s’agisse de Charlie quand elle le perd, saisie de crises d’asthme répétées, ou de Sarah, au cours de la terrible scène qui ferme le film.

Le souffle narratif qui habite une grande partie du récit.

"Respire" est un film sur la passion adolescente .Le regard que porte Mélanie Laurent sur le mécanisme des sentiments poussés à l’extrême, opère avec une précision et une grande force de cruauté.

Pour traiter un sujet qui se prêtait aux clichés, elle fait preuve d’une justesse d’observation qui vise juste. En apportant une grande attention aux personnages secondaires et jusqu’aux silhouettes, elle renforce un récit qui, ainsi nourri, conduit à un dénouement dramatique.

Une nouvelle venue, Joséphine Japy et une comédienne montante, Lou de Laâge sont parfaites. En arrière-plan de la distribution, Isabelle Carré joue la fragilité et les fluctuations d’humeur avec le talent qu’on lui sait.

Un film sensible et juste.

Francis Dubois

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