Actualité théâtrale

au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers

"Résumons-nous, la semaine a été désastreuse" Jusqu’au 31 octobre

Depuis sa vingt et unième année jusqu’à sa mort en 1971, Alexandre Vialatte a écrit des chroniques pour différents journaux. Les dix-huit dernières années de sa vie, il les a, chaque semaine, livrées au quotidien auvergnat La Montagne. Il y parlait de tout, du temps, des grandes migrations estivales, de la langue, d’un film, du temps qui passe.

Charles Tordjman a souhaité porter à la scène ces chroniques, adaptées ici par Jacques Nichet. Cela donne « Résumons-nous » une formule chère à Vialatte, un spectacle d’une intelligence brillante où les aphorismes (l’inconfort préservait de l’ennui, dans le confort il faudra qu’on s’adapte) alternent avec les déductions hilarantes concernant l’évolution de la taille du cerveau par exemple ou l’influence du fait de vivre en plaine sur la longévité des Hollandais. On se plonge avec délice dans ces élucubrations parfois loufoques, souvent plus profondes qu’il n’y paraît. Parlant des vacances calamiteuses, il note que quand l’homme est fatigué de faire sécher ses chaussettes sur un fil au dixième étage de son HLM, il part les faire sécher sur un fil devant sa tente ! Jamais l’attention ne faiblit, c’est trop drôle et trop bien écrit ! On sourit, on explose d’un rire intérieur et on jubile en permanence, d’autant plus que la mise en scène de Charles Tordjman est à la hauteur. Le jeu des éclairages, les trois acteurs filant en ombres chinoises ou passant au ralenti, un sol qui se dérobe ou se soulève, la petite phrase par laquelle Vialatte terminait ses chroniques Et c’est ainsi qu’Allah est grand qui ponctue le passage d’une scène à l’autre tout concourt à nous entraîner dans l’univers poétique et plein d’humour de Vialatte.

Crédit : Mario del Curto

Trois acteurs exceptionnels se sont mis au service de ce texte où chaque mot est étudié et chaque virgule a son importance. Julie Pilod, élégante et pimpante même avec un houla-hoop assène avec sérieux ces élucubrations facétieuses. Dominique Pinon, le pantalon dans des chaussettes à losange, chapeau sur la tête, semble un reporter à la Tintin échappé sur les routes d’Auvergne. Quant à Christine Murillo, sa rondeur, sa tenue rouge, ses chaussettes écossaises et ses chaussures de randonnée la rendent totalement hilarante. Courez les voir !

Micheline Rousselet

Mardi et jeudi à 19h30, mercredi et vendredi à 20h30, samedi à 18h et dimanche à 16h.
Théâtre de la Commune
2 rue Edouard Poisson, 93304 Aubervilliers
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 48 33 16 16

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