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un film de Pierre-Yves Borgeaud avec Youssou N’Dour

"Retour à Gorée" sortie en salle le 2 avril

Après Myriam Makeba dans les années soixante, ou Manu Dibango une décennie plus tard, Youssou N’Dour joue un rôle essentiel pour la musique africaine. Retour à Gorée raconte comment et avec une farouche détermination, il est allé sur les traces de la musique inventée par les esclaves noirs et comment il a réussi à conduire le projet de ramener en Afrique un répertoire de jazz avant de le présenter sur l’Ile de Gorée, lieu symbolique de la traite des nègres et de l’esclavage. Aidé dans se démarche par le pianiste Moncef Genoud, il parcourt, accompagné par des musiciens d’exception, les Etats-Unis et l’Europe. De concerts en débats sur l’esclavage finit par se tisser un réseau de rencontres et d’échanges musicaux qui, petit à petit, impose une musique qui transcende les cultures et qui, en passant d’Atlanta à New Orléans, de New-York à Dakar, s’enrichit du jazz et du Gospel…
Le film prend de l’ampleur quand se joignent à Youssou N’Dour et à Moncef Genoud, dans un esprit de belle et simple complicité créatrice, le batteur Idris Muhammad, le contrebassiste James Cammack, la chanteuse Pyeng Threadgill ou le joueur d’harmonica Grégoire Maret. Une caméra discrète laisse le champ libre aux protagonistes et suit au plus près la sincérité de moments rares comme celui ou Pyeng Threadgill apprend à chanter wolof avec la plus totale modestie et une curiosité touchante. On peut aussi citer comme un moment de grâce, la rencontre avec Amiri Baraka que l’on va voir avec l’humilité et la dignité qui conviendraient pour approcher un chef de village.
La dernière partie du film de Pierre-Yves Borgeaud est consacrée à ce concert que Youssou N’Dour et ses musiciens sont allés donner sur l’Ile de Gorée. Concert à la fois immense pour ce qu’il représente mais aussi pour sa grande simplicité. Trop bref peut-être, ce moment qui donne tout à coup envie d’y être, pare tout à coup tous les intervenants musiciens et chanteurs d’une densité de personnages. Un grand moment d’émotion qui rejaillit sur l’heure et demi qui à précédé. Un beau film sincère et généreux et nécessaire. Francis Dubois

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