Communiqués

Retraites : la vraie-fausse "ouverture" du président

La force de la mobilisation du 7 septembre a contraint le président de la République à s’exprimer sur le projet de réforme des retraites. Mais loin de répondre aux attentes des salariés, il confirme le fond du projet, notamment le recul de l’âge légal du départ en retraite et de celui du départ sans décote et esquive les questions essentielles, comme par exemple celle des inégalités hommes / femmes.
Alors que le président prétend être prêt à « compléter le projet du gouvernement » sur plusieurs points dont celui de la pénibilité, le groupe UMP de l’assemblée nationale adopte en commission des amendements qui aggravent le texte initial. C’est le cas de l’amendement qui supprime la cessation progressive d’activité (CPA) dans la Fonction publique, déjà fortement dégradée par la réforme de 2003.
Face à l’aggravation des conditions de travail des personnels, l’urgence commandait au contraire de développer des possibilités attractives d’exercice à temps partiel en fin de carrière. En choisissant la voie opposée, les parlementaires UMP nient les difficultés des professions de la fonction publique et rendent plus dur l’exercice professionnel qu’ils décident d’allonger. Les enseignants subissent pourtant eux aussi les expositions aux risques psychosociaux et aux troubles musculo-squelettiques.

Les interventions quotidiennes du SNES et de la FSU, les protestations nombreuses relatives à la suppression brutale du droit à la retraite des mères de 3 enfants ayant 15 ans de service ont contraint le pouvoir à réagir. L’amendement gouvernemental permet aux fonctionnaires âgées de 57 ans au moins au 1er janvier 2011 de garder le bénéfice de la loi en vigueur. En revanche, il confirme le projet pour toutes les autres et ne résout pas le problème. Les dispositions envisagées pousseraient en effet des milliers d’enseignantes à cesser leur activité bien avant 60 ans alors qu’elles souhaitent la poursuivre et pénaliseraient les missions les plus féminisées du service public, le système éducatif tout particulièrement. Le maintien de la date du 30 juin 2011 pénalise tout particulièrement les examens, les procédures d’orientation et la préparation de la rentrée scolaire 2011.

Prétendant améliorer la situation des polypensionnés, le gouvernement dépose un amendement qui en accroîtra le nombre, sans même avoir indiqué les mesures envisagées pour corriger les injustices dont ils sont actuellement victimes dans le calcul de leur pension.

Tout indique que la procédure d’urgence choisie par le gouvernement correspond à la volonté de passer en force et s’avère contradictoire avec l’ouverture qu’il s’efforce d’afficher.
Le SNES appelle les personnels du second degré à amplifier leur mobilisation et assurer le succès des initiatives de l’intersyndicale, les 15 et 23 septembre.

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