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Un film de Tariq Teguia (Algérie – France – Liban – Qatar)

"Révolution Zendj" Sortie en salles le 11 mars 2015

Un reportage sur les affrontements communautaires dans le sud du pays amène un journaliste algérien à s’intéresser au soulèvement des Zendj contre le califat abbasside du 8ème et 9ème siècles en Irak.

Sous prétexte d’enquêter sur l’état de "la nation arabe", il se rend à Beyrouth qui représenta pendant des décennies, les luttes et les espoirs du monde arabe, puis dans les Marais de Mésopotamie, au sud de l’Irak où avaient été retrouvées des pièces, traces d’un soulèvement vieux de douze siècles.

Tariq Tequia réalisa en 2006 " Rome plutôt que vous" où il mettait en scène l’Alger d’aujourd’hui encore fortement marquée par une guerre qui ne dit pas son nom et qui fut la cause de plus de 100 000 morts.

Zina et Kamel, un couple de jeunes amants sillonnaient de nuit, une ville qu’ils s’apprêtaient à quitter.

Il réalisa en 2008 son second long métrage " Inland" . Malek, un jeune topographe acceptait une mission dans l’Ouest algérien dont la première étape consistait à remettre en état la cabine saharienne décimée lors d’une attaque des intégristes. Dans l’ombre, il découvrait une jeune femme noire qui abandonnait l’idée de fuir pour l’Europe, qui désirait rentrer chez elle et qu’il aidait à accomplir le chemin de retour.

"Révolution Zendj ", son troisième long métrage est une œuvre de cinéma exigeante qu’on peut considérer comme une expérience esthétique mais qui garde le cap d’un propos au plus près de l’histoire récente (ou actuelle) de l’utopie révolutionnaire.

Cinéma : révolution Zendj

Le tournage du film de Tariq Teguia a duré trois années. Il a commencé avant les mouvements de renversement des régimes en Tunisie, en Égypte, et avant la guerre en Syrie et, en cela, anticipait sur la possibilité du refus de l’oppression et reposait sur ce qui se passait déjà en arrière-plan.

Le cinéma de Tariq Teguia est un cinéma sans concessions mais d’une grande liberté. L’exigence du cinéaste se lit autant dans des plans ciselés que dans un montage tendu. Mais le cinéaste ne se refuse pas un détour par des plans d’un chromatisme de carte postale.

L’ampleur de l’image rejoint sans cesse l’extrême rigueur des angles de prise de vue, des cadrages.

Tariq Teguia est un cinéaste qui sait appliquer les règles de la grammaire cinématographique. Chez lui, l’exigence et la rigueur ne sont jamais réductrices.

La direction d’acteurs est à l’avenant : Fethi Ghares et Diana Sabri répondent parfaitement à la tonalité générale. Chez Fethi Ghares, les silences sont éloquents, les regards valent tous les dialogues explicatifs.

Faire le choix d’aller voir un film de Tariq Teguia dans une salle de cinéma quand on est sollicité par des affiches voisines plus attractives est une vraie démarche de spectateur.

Ceux qui feront ce choix exigeant seront largement récompensés de leur prise de risque.

Francis Dubois

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