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"Riparo" Un film de Marco Simon Puccioni (Italie-France)-sortie le 29 octobre

Anna est consultante financière dans l’entreprise gérée par sa mère, une fabrique de chaussures. Elle vit avec Mara, jeune fille rebelle, ouvrière à la chaîne dans l’usine familiale. Au retour d’un séjour touristique en Tunisie, elles découvrent dans le coffre de leur voiture, Anis, un jeune passager clandestin qui a payé les bagagistes de l’hôtel tunisien pour gagner l’Italie de cette façon. Anna décide de l’héberger dans leur appartement malgré les réticences de Mara. Elle le fait engager comme manutentionnaire dans l’entreprise afin de faciliter et d’accélérer l’obtention d’une carte de séjour.
"Riparo "est fait de la juxtaposition de plusieurs faits réels, annonce Marco Simon Pucioni et c’est peut-être là sa faiblesse.
A courir plusieurs lièvres à la fois, le film brouille ses objectifs et doit avoir recours à des articulations scénaristiques pas toujours convaincantes pour mener de front ses différents sujets, jusqu’à donner dans l’histoire romanesque attendue et les affres de la jalousie destructrice.
"Riparo " privilégie-t-il le sujet de l’homosexualité confronté au jugement du regard bourgeois bien pensant, le problème que posent les différences d’origine sociale des deux personnages féminins ou celui de l’immigrant clandestin prêt à tout pour quitter son pays et désireux de s’intégrer à tout prix ?
Pourtant, il y a de la générosité dans la démarche du réalisateur et les comédiens défendent bien leurs personnages. Anna, la bourgeoise qui vit en marge de sa condition, a une vision utopique de l’être humain. Mara vit dans une anxiété autodestructrice et sacrifie son avenir à force d’exigence. Anis est pris entre un profond désir de s’intégrer et le refus d’un monde où il sent confusément qu’il n’aura jamais sa place.
Des personnages attachants pour une "histoire humaine " qui aurait gagné à bénéficier d’une plus grande rigueur narrative mais dont il faut souligner la force de certains moments et les qualités d’une belle interprétation avec une mention spéciale à Mounir Aoudi dont c’est la première apparition (très prometteuse)à l’écran.
Francis Dubois

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