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Un film de Bernard Sasia et Clémentine Yelnik (France)

"Robert sans Robert" Sortie en salles le 2 octobre 2013

Robert Guédiguian est un metteur en scène de cinéma dont on pourrait dire que ce qui le caractérise le mieux est la fidélité.
Fidélité aux lieux (Marseille ou l’Estaque sa ville natale ont souvent servi de décor à ses films), aux comédiens (Ariane Ascaride, Serge Meylan ou Jean-Pierre Darroussin y ont souvent apparu dans des emplois contrastés) à des techniciens parmi lesquels son chef monteur qui a participé à la totalité de sa filmographie
 [1].

"Robert sans Robert" était une commande faite sur le travail de Robert Guédiguian dans le cadre de "Marseille 2013, Capitale Européenne de la Culture" et pour laquelle Bernard Sasia s’est proposé.
L’occasion pour lui de répondre à trente années de collaboration et à la fabrication ensemble de dix-sept films.
Depuis "Dernier été" en 1981, "Rouge midi" en 1984 jusqu’aux "Neiges du Kilimandjaro" en 2010, en passant par "Marius et Jeannette", son plus grand succès ou "Le promeneur de champ de Mars", Robert Guédiguian a creusé un sillon dans le paysage cinématographique français où, à force de retrouver les mêmes têtes, Bernard Sasia en est arrivé à l’idée qu’il pourrait par le truchement du montage, en sélectionnant certains extraits de films, construire son film comme une sorte de jeu interactif.
Une scène d’un film ne pourrait-elle pas s’immiscer dans un autre film ? Le fil conducteur de cet hommage au cinéaste était trouvé.
C’est ainsi que Bernard Sasia joue, par le biais du montage, sur la récurrence chez le metteur en scène de moments, de l’attitude du comportement des personnages, d’extraits de dialogues. Il réalise avec des retours en arrière, la revisite des personnages à différents âges, des comédiens, une œuvre très voisine de l’œuvre originale, respectant l’esprit des films composant l’œuvre du cinéaste méridional.
La démarche est amusante, le plus souvent tendre, émouvante quand elle restitue les accents d’une fidélité de trente ans, quand elle confronte dans des scènes proches, les visages des comédiens à trente ans d’intervalle.
C’est aussi l’occasion de revenir sur un tracé cinématographique original, cohérent même quand on abandonne Marseille et l’Estaque pour un portait de François Mitterand ou un retour sur le groupe Manouchian et "l’affiche rouge".
La complicité au bout de dix-sept films en commun est palpable tout au long de cet exercice qui nous permet également de pénétrer l’intimité du montage.

Francis Dubois

Notes

[1Sur la totalité de l’œuvre de Robert Guédiguian, on pourra lire le très beau livre de Christophe Kantcheff, publié en mai 2013 : voir notre article Ph. Laville

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