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Un film de Yariv Horowitz (France)

"Rock the Casbah" Sortie en salles le 8 mai 2013

Au cours de la première Intifada, quatre jeunes militaires israéliens sont envoyés à Gaza afin de rétablir l’ordre dans un quartier. Ils sont armés de balles à blanc et de balles réelles et ont reçu des consignes très précises quant à leur utilisation.

Pour ces très jeunes gens, la guerre sera bientôt finie et chacun pourra rentrer chez soi.

Mais les événements qui surviennent en décident autrement.

Alors qu’il poursuit un palestinien, Iliya, un militaire, succombe sous le poids d’un lourd projectile projeté depuis une terrasse.

Tenus de monter la garde sur le toit de la maison d’où a opéré le meurtrier, les quatre jeunes gens, chargés de repérer le coupable sont confrontés au quotidien d’une famille palestinienne qui ne veut pas, avec la présence militaire chez eux, être soupçonnée de collaboration avec l’armée occupante.

Très vite, les quatre sentinelles mesurent leur incapacité à gérer une situation qui leur échappe.

Le doute naît chez certains d’entre eux sur la valeur de leur mission.

Le sujet du film de Yariv Horowitzz est largement inspiré de son expérience de soldat dans la bande de Gaza dont il a retenu que la seule présence héroïque était celle de la population civile.

Les quatre soldats, de très jeunes gens, ne sont pas présentés comme des héros. La fin tragique de leur ami les préoccupe plus qu’un profond désir de vengeance.

Leur comportement au cours des journées qu’ils passent sur le toit de la maison n’est que ponctuellement guerrier et ils sont plus préoccupés par le souci de remédier à leur faim, par la qualité médiocre de la nourriture, par la bonne façon de se protéger du soleil, que par un acharnement à retrouver le coupable.

De cette façon, le film de Yariv Horowitz ne va jamais dans le sens de l’un des camps qu’il soit fervent défenseur ou fervent détracteur de l’armée israélienne.

Avec le moment où Tomer, celui des jeunes militaires qui doute le plus et que la situation perturbe gravement, est réquisitionné pour livrer un palestinien au service de sécurité du Shin Bet en pleine nuit, le récit se met à refléter la confusion où se trouve l’armée israélienne.

Le conflit mené au quotidien avec une grande disparité de moyens, apparaît comme un cercle vicieux déprimant. Le but de l’armée israélienne est inaccessible, malgré sa force armée, ses moyens guerriers. Celui de la population palestinienne semble atteint puisque l’objectif n’est pas une victoire, mais de faire souffrir l’ennemi.

L’histoire se situe en 1989 et le seul constat que l’on puisse faire est que la situation actuelle en est au même point, voire pire qu’à l’époque, qu’elle demeure prise dans le même cercle vicieux déprimant.

La scène qui boucle le film n’ouvre sur aucun espoir. Les jeunes militaires quittent la bande de Gaza sans avoir rempli leur mission impossible, rétablir l’ordre.

Alors qu’ils s’en vont, ils croisent la relève, encore innocents.

Francis Dubois

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