Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Jacques Doillon (France)

« Rodin » Sortie en salles le 24 mai 2017.

Paris, 1880. Auguste Rodin reçoit enfin, à quarante ans, une commande de l’État. Ce sera «  Les portes de l’Enfer » composé de motifs dont certains contribueront à sa gloire, comme « Le Baiser » et « Le penseur » .

Il vit avec Rose, sa compagne de longue date, quand il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui va être son assistante avant de devenir sa maîtresse.

Ils vivront ensemble dix années de passion amoureuse mais aussi d’admiration mutuelle et de complicité.

Après leur rupture, Rodin ira vivre à Meudon où il retrouvera la compagnie rassurante de Rose.

Là, il poursuit son travail avec acharnement, dans une même ligne déterminée.

Il fera face tant au refus qu’à l’enthousiasme que la sensualité de sa sculpture provoque et signe avec son «  Balzac » rejeté de son vivant, le lancement incontesté de la sculpture moderne.

Cinéma : Rodin

Après «  Mes séances de lutte  » en 2013, Jacques Doillon s’est vu proposer par des producteurs de réfléchir à un film documentaire sur Rodin dont le centenaire de la mort était imminent.

Mais très vite, au fur et à mesure de l’écriture, des scènes de fiction se sont imposées, ont pris de plus en plus de place et il a dû décliner la proposition première des producteurs.

Dès que la première mouture du scénario a été écrite, il a pris contact avec Vincent Lindon à qui le projet a plu et sur son nom, la machine s’est mise en marche.

La dimension physique et sensuelle de « Mes séances de lutte » a fait écho à l’œuvre très charnelle de « Rodin » ..

Le film débute sur la rencontre de Rodin avec celle qui deviendra et restera pendant plus de dix ans,son égérie, sa complice et sa maîtresse.

Le récit présente cette rencontre comme le début d’une période très productive du peintre et même si la reconnaissance tarde à se faire, même si son inspiration créatrice ne fait pas l’unanimité, Rodin gardera une solide énergie et une volonté d’imposer sa sculpture selon sa conception de l’art pictural.

Le film se poursuit, après la rupture avec Camille et les conséquences qu’on connaît, sur son installation à Meudon, la reprise de sa vie commune avec Rose mais de nouveau, la reprise de son attirance pour ses modèles.

Jacques Doillon réalise avec « Rodin  » une réelle œuvre de maturité et son film le plus abouti.

Une œuvre à la fois contemplative et passionnée rendue vibrante par l’interprétation de Vincent Lindon, barbu méconnaissable, personnage à la fois monolithique et sensible, offert à tous les doutes mais guidé par une détermination sans failles.

Son « Rodin  » est rocailleux et soyeux.

Pour lui donner la réplique, Jacques Doillon a fait appel à deux actrices magnifiques, un choix à la fois contrasté et proche.

Izia Higelin apparaît comme une boule de sensualité avec un jeu d’une belle intensité et d’une joyeuse vivacité, d’une exaltation dont on sent qu’elle peut à tout instant virer à l’orage.

On avait vu Séverine Caneele dans « L’humanité » de Bruno Dumont pour lequel elle avait obtenu un prix d’interprétation à Cannes. Elle avait réapparu dans «  La part du ciel » de Bénédicte Liénard, puis chez Tavernier et Yolande Moreau.

Elle revient en force avec le personnage de Rose à qui elle apporte son charisme et sa robustesse .

Le « Rodin » de Jacques Doillon est un film sur l’acte de création. Il pose la question fondamentale de savoir à quel moment l’œuvre d’un artiste atteint sa plénitude.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Beau joueur »
    L’Aviron Bayonnais Rugby est entré au Top 14 sur les chapeaux de roue, entraîné par le coach charismatique Vincent Etcheto. Mais l’équipe des rugbymen se retrouve au bas du classement dès le mois... Lire la suite (24 juin)
  • « The mountain : une odyssée américaine »
    Aux États-Unis, dans les années 50, le docteur Wallace Fiennes a pris Andy, un jeune homme introverti, comme photographe pour documenter sa méthode de lobotomie de plus en plus controversée. Au fur... Lire la suite (24 juin)
  • « Bixa Travesty »
    Linn de Quebrada est une artiste rappeuse de la banlieue de Sao-Paulo pourvu d’une grande présence scénique, engagée sur le sujet du genre et qui ose affronter avec panache le machisme et... Lire la suite (23 juin)
  • « Yves »
    Jérem, un chanteur de rap met la dernière main à son premier disque qui doit sortir prochainement. C’est alors qu’il fait la rencontre de So, charmante et mystérieuse enquêtrice pour le compte de la... Lire la suite (23 juin)
  • « Noureev »
    Rudolf Noureev, jeune prodige de la danse, est repéré à Moscou comme un élément très prometteur du célèbre ballet du Kirov. Lorsqu’il se retrouve à Paris pour se produire sur la célèbre scène de l’Opéra,... Lire la suite (18 juin)