Actualité théâtrale

Théâtre de l’Épée de Bois

"Rostam et Esfandiâr" Jusqu’au 29 juin

Après Rostam et Sohrâb qu’il avait crée en 2012, Farid Paya, avec la Compagnie du Lierre, présente actuellement à L’Épée de Bois les deux derniers volets du Livre des Rois, le poème épique de 120.000 vers, écrit par Ferdowski au Xè siècle. Celui-ci y conte l’histoire des Cyrus, rois de Perse à partir du VIè siècle avant J.C. Chaque volet peut se voir séparément.

Rostam, guerrier de légende, vit désormais en paix dans son royaume et aspire à la tranquillité. Esfandiâr, fils du roi d’Irân Gashtâsp, guerrier réputé invulnérable, a passé sa vie à vaincre les ennemis de son père et aspire à lui succéder. Mais Gashtâsp, peu enclin à céder le pouvoir, l’envoie sans cesse sur de nouveaux champs de bataille. Devant la révolte de son fils, il lui promet le pouvoir après une dernière épreuve, capturer et ramener Rostam enchaîné. Les deux hommes se rencontrent, accompagnés de leurs fils et frères. Mais Rostam refuse l’humiliation imposée par Gashtâsp. Esfandiâr et Rostam vont devoir s’affronter sous le regard de Simorgh, le phénix.

Rostam et Esfandiâr

Photo/Agathe Poupeney/Photoscène

Farid Paya a adapté pour le théâtre cette épopée, qui évoque les désastres provoqués par les guerres, exalte la bravoure mais aussi la sagesse des héros et condamne la folie des rois orgueilleux, affamés de pouvoir et prêts à sacrifier leur propre fils à leur ambition. On pense à Shakespeare, mais aussi au Mahabaratha. Devant le beau mur de pierre du théâtre, une estrade de bois clair et une belle tapisserie de soie brodée, un décor où va pouvoir se dérouler la tragédie, sublimée par un jeu de lumières très élaboré. La mise en scène de Farid Paya concentre le spectacle dans le texte, la voix et le jeu corporel des acteurs, magnifié par les beaux costumes de José Gomez - voir erratum ERRATUM, inspirés des miniatures persanes. Ces poèmes épiques sont en Iran déclamés par un conteur. Farid Paya a conservé l’idée de musique vocale, mais y a parfois ajouté des instruments. Il a adapté le texte pour lui donner une intensité théâtrale. Les combats superbement chorégraphiés, s’inspirent des arts martiaux et donnent une grande énergie à l’ensemble.

Avec ce conte oriental qui nous rappelle que la volonté de résoudre les conflits doit l’emporter dans l’esprit des gouvernants, c’est à un beau voyage en Perse que nous convie Farid Paya.

Micheline Rousselet

Rostam et Esfandiâr, le vendredi et le samedi à 20h30, le dimanche à 18h
La tragédie de Siavosh, le jeudi à 20h30, le samedi à 16h, le dimanche à 15h30
Théâtre de l’Épée de bois
Cartoucherie
Route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 48 08 39 74
www.epeedebois.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Comparution immédiate II : une loterie nationale ? »
    Plusieurs pièces se sont attachées ces derniers mois au spectacle des prétoires. Ce qui s’y passe ressemble souvent à du théâtre, les prévenus comme les avocats, le procureur et les juges se mettant en... Lire la suite (21 janvier)
  • « Le reste vous le connaissez par le cinéma »
    Présentée en juillet dernier au festival d’Avignon, cette version contemporaine des Phéniciennes d’Euripide, écrite par l’auteur britannique Martin Crimp et mise en scène par Daniel Jeanneteau, est... Lire la suite (20 janvier)
  • « Une histoire d’amour »
    Justine sort d’une histoire d’amour avec un garçon et tombe amoureuse de Katia, un amour brûlant. Justine veut un enfant, Katia trop blessée par la vie est très réticente. L’enthousiasme de Justine... Lire la suite (19 janvier)
  • « Dépendances »
    Deux frères, Henri et Tobias se retrouvent dans un appartement vide et un peu délabré qui fut celui de leur famille. Ils attendent leur frère Carl, qui comme d’habitude est en retard, pour décider de... Lire la suite (18 janvier)
  • « Un conte de Noël »
    La metteuse en scène Julie Deliquet a fait des études de cinéma et s’est toujours intéressée au rapport entre théâtre et cinéma, comme elle l’avait si bien montré avec Fanny et Alexandre créé l’an passé... Lire la suite (17 janvier)