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Un film de Gaël Métroz (Suisse)

"Sâdhu" Sortie en salles le 6 novembre 2013.

Il y a huit ans, Suraj Baba un passionné de musique qui, à seize ans jouait dans un groupe de Rock à Darjeeling, se retire du monde et élit domicile dans une grotte perdue à 3000 mètres d’altitude, au cœur de l’Himalaya indien.

Il a renoncé aux biens terrestres et mène une vie de méditation dans le but de devenir sâdhu.

Gaël Metroz qui, depuis 15 ans, traverse régulièrement l’Himalaya, de la Birmanie à l’Afghanistan en passant par l’Inde voulait réaliser un documentaire sur la Kumbha Mela, un des plus importants rassemblements religieux de la planète avec près de 70 millions de pèlerins.

Lorsqu’en descendant le glacier du Gange, il rencontre Suraj, il est saisi par la personnalité de l’homme. Il lui propose de se joindre à lui pour le tournage du film. Les deux hommes s’apprivoisent et Suraj finit pas accepter pensant, au cours de ce pèlerinage, se ressourcer pour mener à bien son projet de devenir Sâdhu.

Mais en quittant leurs deux grottes voisines du bord du Gange Gaël Métroz et Suraj Baba ne savaient pas qu’ils allaient passer dix-huit mois ensemble pour un voyage initiatique de plusieurs milliers de kilomètres allant des cols de l’Himalaya aux plaines gangétiques indiennes, du Mustang aux lacs sacrés de Damodar.

Le pèlerinage dans lequel il voyait le moyen de réaffirmer son engagement, de rencontrer d’autres sâdhus et de faire connaissance avec les maîtres à penser, les gurus, déçoit Suraj Baba.

Il est confronté, au contraire de ce qu’il attendait, à une grande foire bigarrée, un rassemblement folklorique et mercantile. Il éprouve très vite le besoin de reprendre son bâton de pèlerin, de retrouver la médiation et de replonger dans une vraie spiritualité.

Le voyage jusqu’aux lacs sacrés va le remettre sur le chemin de son objectif.

On pourrait attendre d’un ermite coupé du monde pendant plusieurs années, qu’il soit austère, replié sur lui-même, mutique.

Suraj Baba est tout le contraire. C’est un homme ouvert sur le monde, un homme plein d’humour au regard qui frise, qui aime rire et honore avec un bel appétit un repas quand il est invité à une table ; qui continue à jouer de la guitare et à composer des chansons…

Et ses convictions spirituelles n’en sont que plus profondes.

Gaël Métroz a dû ramener les 250 heures de rushes qu’il a rapportées du voyage, à un film de quatre-vingt-dix minutes. Il y montre la détermination profonde d’un homme voué à la sagesse et à la méditation mais qui garde un œil ouvert sur le monde.

Un beau voyage accompagné.

Francis Dubois

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