Actualité théâtrale

au Théâtre du Rond-Point, partenaire réduc’snes

Saison 2010-2011 au Rond-Point

Les monstres ? Il n’y aurait pas de théâtre sans eux, affirme Jean-Michel Ribes pour justifier le choix thématique de l’année. Invités de nos cauchemars, ils sont aussi un peu nous-mêmes et c’est à ce titre, en signe de reconnaissance, que, peut-être, le Théâtre du Rond-Point les a choisis pour constituer l’axe de la prochaine programmation. Gageons qu’ils nous rappelleront quelque chose !

Depuis le 7 septembre et jusqu’au 10 octobre se donne, salle Tardieu "Une femme à Berlin", un texte anonyme que met en scène Tatiana Vialle. Nous sommes en 1945, à Berlin, dans la ville en ruine où les femmes deviennent la proie des soldats russes. La pièce est l’adaptation du journal de l’une d’entre elles.

La remise de médailles est un rituel incontournable et souvent grotesque. Le texte de Lydie Salvayre, adapté par Zabou Breitman, regroupe 16 allocutions prononcées à cette occasion dans une entreprise, qu’elle orchestre et ponctue de glissements cocasses, dans un contexte où le mécontentement social gronde au sein même de l’entreprise qui se présente pourtant, auprès de ses salariés et de la population invitée à cette cérémonie (que sont censés être les spectateurs) comme un modèle de participation et de paternalisme efficace… Le vernis des paroles du DRH, du consultant en ressources humaines et lien social… craque progressivement sous les coups de boutoir de la réalité, et l’ensemble, à partir d’un texte écrit pourtant dans les années 90, résonne fort dans notre actualité, en particulier sur la souffrance au travail, les nouvelles formes de "management" pouvant conduire au suicide… Découvrir vite "La médaille" en salle Renaud-Barrault jusqu’au 9 octobre.

D’un côté, le portier d’un hôtel de luxe vivant dans sa caravane sur une aire d’autoroute et de l’autre, un chien qui aime traverser entre les voitures et provoquer, pour le plaisir qu’il en retire, des carambolages monstres. Dans "Dialogue d’un chien avec son maître" l’auteur belge Jean-Marie Piemme confronte ces deux bestiaux que sont l’homme et le chien. A voir Salle Tardieu, du 14 septembre au 10 octobre à 18h 30.

"La loi du marcheur (entretien avec Serge Daney)" est présenté dans le cadre du Festival d’Automne. Quelques mois avant sa mort, en 1992, Serge Daney, rédacteur aux Cahiers du Cinéma et journaliste à Libé, s’entretient avec Régis Debray. Il témoigne de ce que « voir des films » lui a offert du monde. Monologue de et par Nicolas Bouchaud en salle Topor, du 16 septembre au 16 octobre.

Suivent pour un nombre limité de représentations deux reprises. "L’homme à la tête de chou" où voisinent les noms de Gainsbourg et de Bashung, du 13 au 23 octobre et "Christophe Alévêque est super rebelle " du 26 au 30 octobre que nous recommandons même à ceux qui rechignent à aller voir des « one man show » !

Autre spectacle présenté dans le cadre du Festival d’automne, donné en argentin sur titré « Le cas de la famille Coleman », texte et mise en scène de Claudio Tolcachir met en présence d’une famille dont l’appartement devient un théâtre où le public est invité à devenir membre du clan. Du 16 octobre au 13 novembre à 21h, en salle Tardieu.

Dans la même salle, du 19 octobre au 14 novembre, mais à 18h30 « La vie va où ?... » un spectacle de et par Michèle Guigon. C’est l’histoire d’un combat, celui que livre la comédienne au cancer qui vient de l’attaquer. Le rire est là, les peurs chassées. La vie reprend sa forme d’avant et l’amour s’invite.

« Et puis, j’m’en fous, vas-y, prends-la ma bagnole » Tout gamin, ce fils de prof d’EPS et d’une écervelée, se prend les pieds dans le tapis de la vie. Confond les sons, les mots et se heurte aux conventions. Texte et interprétation, Olivier Sferlazza. Mise en scène, Laura Scozzi. Du 2 au 27 novembre, salle Topor.

Du 6 novembre au 11décembre, salle Renaud-Barrault, le metteur en scène Laurent Pelly propose « Funérailles d’hiver », un texte de Hanokh Levin. La mère choisit de mourir le jour même du mariage de Vélvétsia. Que faire ? Quoi décider ? Noces ou obsèques ? On retrouve Christine Murillo, artiste fidèle au Rond-Point.

Le Théâtre reprend, suite à son succès la saison dernière, « Sacrifices » de et avec Nouara Naghouche, mise en scène de Pierre Guillois, traquant avec vigueur et humour la bêtise, l’intolérance et l’injustice, en salle Renaud-Barrault du 9 au 28 novembre.

Une bande de doux dingues s’attaque à une France où les stéréotypes les plus rétrogrades ont la peau dure, en particulier sur l’homosexualité. « Encore un tour de pédalos » écrit, mis en musique et en scène par Alain Marcel propose dans une tonalité « Cabaret éclaté » une galerie de portraits déjantés, salle Tardieu du 23 novembre au 31 décembre.

Enki Bilal, connu surtout en tant qu’auteur de BD, pour la qualité et l’originalité de son graphisme et de ses histoires, parsemées des nombreux monstres inspirés de la réalité, se lance pour la première fois dans une mise en scène théâtrale en adaptant « Mémoires d’une teigne » de Fabienne Renault avec le spectacle « Suspection » où une série de modèles de la banalité, madame Gilbert, Jésus, Camille, tous laids, bêtes et méchants sont passés au crible… salle Tardieu, du 30 novembre au 30 décembre.

« Monsieur Martinez  », premier volet d’un cycle intitulé "Les Cadouin" est le résultat d’une co-écriture à laquelle ont participé les comédiens et le metteur en scène Quentin Defalt.
Une baraque à frites, une mobylette, un réverbère, deux sœurs pupilles de la nation qui règnent sur un carré de béton… beaucoup d’humour décapant, du 1er au 31 décembre, salle Topor.

Les spectacles suivants « Le grandiloquent Moustache poésie club » création collective mise en scène par Julie Chaize en salle Topor, et « Cirque Eloize  » formation québecoise animée par Daniele Finzi Pasca, en salle Renaud-Barrault, de la mi-décembre à la mi-janvier sont déjà complets à de nombreuses dates.

L’année 2011 s’ouvre avec « La conférence » de Christophe Pellet, mise en scène et interprétation Stanislas Nordey, salle Topor, du 4 au 30 janvier. Un homme seul donne une conférence. Il se dit infesté, empoisonné par "L’Etat français, l’esprit français et les entreprises culturelles du territoire français"…

Du 6 janvier au 13 février c’est aussi « Et l’enfant sur le loup » de Pierre Notte, mise en scène de Patrice Kerbrat, qui marque le retour au Rond-Point de Judith Magre. A peine sortie de l’enfance, une gamine cloîtrée depuis des années allaite son bébé. Le père est certainement le père de la jeune mère…

Y a-t-il encore de la place pour le dodo dans ce monde , comment survivre quand on appartient à une espèce menacée ? Le solo de Yannick Jaulin pose les questions urgentes à l’ère de la globalisation… « Le dodo » sera en salle Tardieu du 11janvier au 13 février.

« Harper Regan », un texte de Simon Stephens mis en scène par Lukas Hemleb sera sur la scène de la salle Renaud-Barrault du 19 janvier au 19 février. Harpen Regan dont la vie est une succession d’oppressions, familiale, professionnelle… se voit refuser par son patron un jour de congé pour rendre visite à son père mourant.

Du 25 janvier au 20 février, toujours en salle Renaud-Barrault, on retrouvera un fidèle du Théâtre de Rond-Point, Christophe Alévêque dans « Les monstrueuses actualités de Christophe Alévêque ». Il grogne, il attaque, tout l’énerve. Il s’en prend autant aux manœuvres de récupération médiatique qu’à la domination religieuse de l’économie…

« Le problème » est un texte de François Bégaudeau mis en scène par Arnaud Meunier. Annie quitte le domicile conjugal, son mari écrivain et ses deux enfants. Ils l’interrogent, la jugent, la soutiennent pendant qu’elle enfourne ses affaires dans la valise… Du 23 février au 3 avril, salle Tardieu.

« Quelqu’un comme vous » réunit dans sa distribution Jacques Weber et Bénabar. C’est un texte de Fabrice Roger-Lacan et la mise en scène est d’Isabelle Nanty. Deux hommes sur une plage. Autour d’eux trois kilomètres de sable, l’un est un patron et cherche le repos, l’autre a un secret dans sa sacoche. Du 3 mars au 10 avril, salle Renaud-Barrault.

Dans « L’art du rire  » Jos Houben, avec sérieux et quelquefois gravité, va parler du rire, celui qui justifie et celui qui nous prend dans les moments les plus incongrus. Le rire clair, les rires faux, cyniques ou moqueurs. Salle Renaud Barrault, du 15 mars au 10 avril.

Du 12 au 23 avril, à 18h30 et 21 heures, reprise des deux spectacles musicaux d’Alfredo Arias, après leur énorme succès, la saison dernière. Salle Jean Tardieu.

« Le moche » et « Le chien, la nuit et le couteau » sont deux pièces de l’auteur allemand Marius Von Mayenburg que mettra en scène Jacques Osinski. Dans la première un homme d’une repoussante laideur se fait refaire le visage. Dans la seconde, un homme marche dans une nuit sans fond. Cauchemar de rencontres et de hasards… Salle Tardieu du 27 avril au 22 mai.

« Toute vérité » est un texte de Marie N’Diaya et Jean-Yves Cendrey mis en scène par Caroline Gonce. L’histoire d’un affrontement entre un père et son fils. L’un fut militaire de carrière l’autre a fui la maison dès l’adolescence. Salle Topor du 28 avril au 28 mai.

Une autre reprise d’un spectacle qui fut un énorme succès précédemment sur ce même plateau « Se mianyki » est l’histoire loufoque d’une famille déjantée qui tente de survivre dans une Russie déglinguée, Du 3 mai au 2 juillet, salle Renaud Barrault.

« Obludarium », un spectacle de Petr Forman et Matej Forman, est l’histoire d’un chapiteau à monstres qui balade son cortège de gueules cassées ou tordues. Défilé de lilliputiens, de gnomes, de crânes difformes. Un spectacle sous chapiteau du 24 mai au 2 juillet.

« Orgueil, poursuite et décapitation (Comédie hystérique et familiale) » est le nouveau spectacle de Marion Aubert qui nous avait ravis avec ses « Histrions » et « Les aventures de Nathalie Nicole, Nicole » Gageons que son nouveau spectacle sera aussi inventif que les précédents. Salle Tardieu du 31 mai au 2 juillet.

« Shakespeare is dead, get over it » est un texte de Paul Pourveur monté par le collectif « Ildi ! Eldi » William et Anne sont rarement d’accord, pas plus sur les circonstances de leur rencontre que sur tout autre chose, Il débattent, se disputent et, finalement passent à côté de leur vie. Du 7 juin au 2 juillet, salle Topor.

Certains spectacles proposés par le Rond-Point, même s’ils n’ont pas été conçus pour eux, peuvent s’adresser à un jeune public. Le théâtre propose d’étudier toute demande émanant d’enseignants pour une préparation au spectacle, la possibilité d’accéder à des dossiers pédagogiques, la mise en place de rencontres avec les équipes artistiques.

Le Théâtre du Rond- Point c’est aussi : « L’ Université Populaire de Caen à Paris » les jeudis, entrée libre sur réservation. « La monstrueuse Université » : en octobre et en mars, deux semaines de conférences-performances. « Les lectures monstres » en novembre, mars et avril. Soirées et rencontres Télérama. « Les débats du Monde » animées par Eric Fottorino ou « Les mardis midi » qui permettent d’assister à des lectures de pièces inédites…
Nous reparlerons bien sûr spécifiquement des différents éléments de cette programmation et des autres initiatives accueillies dans ce lieu particulièrement vivant.
Francis Dubois et Philippe Laville

Théâtre du Rond-Point
2bis Avenue Franklin Roosevelt
75 008 Paris
Renseignements et réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 44 95 98 21
www.theatredurondpoint.fr

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