Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (Italie-France)

"Salvo" Sortie en salles le 16 octobre 2013

Salvo est un membre actif de la mafia sicilienne. Peu loquace, peu sociable, il agit froidement et au cours de ses missions, se montre impitoyable.

Chargé d’assassiner un homme d’une bande rivale, il découvre une jeune fille aveugle dans la maison où a eu lieu l’exécution. Il s’agit de Rita qui vient d’assister à l’assassinat de son frère.

Pour quelle raison Salvo laisse-t-il la vie sauve à ce témoin du crime et pourquoi ne révèle-t-il pas sa "faiblesse" aux membres de son clan ?

Salvo s’écarte ainsi de sa ligne de conduite habituelle, hanté malgré lui par sa rencontre avec la jeune aveugle.

"Salvo" est un film inclassable dans un genre souvent prisonnier de ses codes.

Il commence comme un thriller mais se poursuit à un rythme lent, le héros se montrant très avare de paroles.

Après l’exécution, il est accueilli chez un couple dont on ne sait rien, ni même s’ils savent qui ils hébergent sous leur toit et avec qui Salvo a un comportement mutique, à la limite de l’impolitesse, voire du mépris.

Quelle blessure, quelle sensibilité, quelle dette et envers qui, cache ce mystérieux personnage pour s’attacher de la sorte à une jeune fille qui, mystérieusement, à son contact, recouvre progressivement la vue ?

Dans la dernière partie du film, Salvo devient un vrai héros de tragédie.

Pour sauver la vie de Rita, il va mettre sa vie en jeu. En retour de cet amour , Rita va l’accompagner silencieusement jusque dans ses derniers moments.

"Salvo" est un film sombre.

Sombre est le personnage froid et silencieux du héros. Sombre est ce que voit Rita alors que la vue lui revient. Sombre est la photographie au point que le visage de Salvo, longtemps resté dans l’ombre, ne se révèle à l’image que dans la seconde partie du récit.

Sombre est également cet amour dont on ressent la force sans qu’il ne soit jamais exprimé ni en actes ni en paroles.

La présence charismatique du comédien Saleh Bakri s’accorde parfaitement avec la tonalité générale de ce film à facettes qui se révèle être en fin de compte, une belle et atypique histoire d’amour.

La construction du récit est d’une grande habileté et, à mesure que le film avance, on est comme pris dans ses filets.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)
  • « Femmes d’Argentine »
    En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un... Lire la suite (10 mars)
  • « Trois étés »
    Chaque année, Edgar et Marta qui appartiennent à la classe de la finance du Brésil organisent une grande fête dans la luxueuse résidence d’été qu’ils possèdent près de Rio de Janeiro. La réception est... Lire la suite (9 mars)
  • « La bonne épouse »
    Paulette Van Der Beck est la directrice d’une institution pour jeunes filles dont l’enseignement se résume à faire d’elles de futures parfaites épouses et maîtresses de maison. Ce genre d’établissement... Lire la suite (9 mars)