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Un film d’Elena Hazamov (Suisse)

"Sam" Sortie en salles le 28 janvier 2015.

Après la séparation de ses parents, Sam sept ans a été confié à la garde de sa mère. Cependant, pour des raisons professionnelles, celle-ci demande à Gérôme, un écrivain en panne d’inspiration, de prendre son fils en charge pour quelque temps.

Cette perspective n’enchante pas plus Gérôme que Sam qui n’ont jamais connu qu’une vie commune éphémère, le temps de vacances scolaires et, sans doute, de quelques fins de semaines.

Après un début de cohabitation chaotique, les choses vont se mettre doucement en place entre ces deux êtres méfiants l’un de l’autre et Sam, par la force de ses convictions et malgré son jeune âge, va aider Gérôme à acquérir une sagesse et une maturité qui manquaient à son épanouissement personnel.

Cinéma : Sam

Sur un canevas pas très neuf, un sujet "cousu de fil blanc", Elena Hamazov parvient à éviter à son récit un bon nombre des clichés qui menaçaient, à réaliser une œuvre touchante et à rendre crédible et attachante une cohabitation sans cesse menacée.

Sam, avec ses yeux grands ouverts sur la réalité et sur la paternité déficiente de Gérôme, semble avoir une grande expérience du monde adulte.

Elena Hazamov calque le déroulement de son film sur le regard averti du garçon sans que celui-ci ne pêche jamais par excès de maturité.

Une sorte d’instinct guide l’enfant dans les méandres d’une vie commune bousculée, de la même nature que celui, qui de maladresse en éclats d’autorité salutaire, inspire le comportement d’un père qui "s’improvise".

Si parfois le récit se charge d’événements saillants inutiles (la présence des huissiers, l’intervention quasi miraculeuse de la grand- mère évitant le pire…), il se rattrape en traitant avec beaucoup de délicatesse et de justesse les étapes marquant le rapprochement progressif du père et du fils.

La manière de mener la façon dont la tendresse filiale infiltre l’indifférence d’abord, la méfiance bientôt et les premiers instants d’un apprivoisement mutuel est subtile.

Le jeune Sacha Guerreiro réussit sans cabotinage à nourrir le personnage de Sam d’autant d’émotion que d’autorité instinctive. Ses réactions à l’emporte-pièce inspirent souvent l’antipathie mais quand la cruauté de ses propos s’adresse à l’indifférence du père, elle devient convaincante.

Même s’il est parfois maladroit ou attendu, le film d’Helena Hazamov nous embarque dans de beaux moments d’authenticité et d’émotion.

Francis Dubois

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