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Un film de Zou Peng (Chine)

"Sauna on moon" Sortie en salles le 26 septembre 2012

Dans une ville chinoise représentative de la réforme et de l’ouverture, l’établissement "Sauna on Moon" rencontre des difficultés.

Avec les pensionnaires de la maison, Wu, le gérant, voudrait arriver à créer un "royaume du plaisir" avec philosophie et optimisme.

Après de nombreux avatars, il parviendra à accéder au succès, après avoir monté un très particulier défilé de mode.

Dorénavant serein, Wu poursuivra son aventure avec les jeunes femmes qui auront choisi de rester à ses côtés pour de meilleurs lendemains.

Zou Peng a étudié la peinture avant de se spécialiser dans le stylisme à l’Université. C’est en travaillant dans le design vestimentaire qu’il a été amené à croiser de nombreuses jeunes femmes venant de toute la Chine, impliquées dans l’industrie du sexe.

Que ce soit dans ce domaine ou dans celui de la mode, il a constaté que les objectifs étaient les mêmes : la survie et le travail passionné pour accéder à une vie meilleure.

Au cours des treize années passées dans la province du Guangdong, il s’est attaché à observer et à faire les croquis des expériences et des vies des travailleurs du sexe.

Bien que la prostitution soit interdite en Chine, sa pratique est enracinée dans la culture.

Du fait de l’interdiction, les prostituées vivent à l’écart de la société, même si leur existence répond à une réelle demande.

Cette exclusion explique en partie le mystérieux titre du film.

Une légende chinoise raconte qu’un homme qui a commis une faute a été être exilé sur la lune.

Pour Zou Peng, les jeunes femmes des bordels sont comme ce personnage. C’est comme si, après une faute commise, elles étaient condamnées à vivre sinon recluses, du moins dans un monde coupé du reste, comme sur la lune. Mais une lune qui serait située au milieu de la Chine.

Même si la prostitution est une réalité dans le pays, elle reste quelque chose de tabou dont on ne parle pas et qu’il est hors de question de traduire par l’image.

C’est pourquoi " Sauna on moon" , n’est jamais sorti en Chine et ne sortira vraisemblablement jamais dans son pays.

Zou Peng ne dresse pas un portrait noir de la prostitution et les filles qui en ont fait leur métier, si elles sont isolées, ne sont pas dans la soumission. Le film les montre comme des personnes volontaires, déterminées, capables de mettre leurs souffrances personnelles de côté pour ne partager que joie et plaisir avec le client.

Le choix de Zou Peng de faire un récit non linéaire fait de " Sauna on Moon" une sorte de puzzle constitué de séquences courtes qui ne se succèdent jamais dans une continuité.

Les scènes s’entrechoquent dans un contraste narratif permanent. Elles apparaissent parfois comme des séquences tronquées et le reproche qu’on pourrait adresser à Zou Peng est que ce parti pris de récit éclaté finit par nuire à un attachement aux personnages réduits à l’état de silhouettes et à l’émotion qui reste sous-jacente.

Zou Peng est quelqu’un qui aime surprendre. Il le fait avec des scènes imprévisibles, avec les couleurs, avec la description frontale mais sensible d’un milieu souvent décrit au cinéma de façon glauque et brutale.

Francis Dubois

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