Budget et rentrée 2019

Second degré : retour des suppressions d’emplois

Les grandes orientations pour l’éducation nationale sont maintenant connues.
Dans le second degré , 2600 emplois de stagiaires sont supprimés alors que, depuis 2009, les effectifs d’élèves ne cessent de croître.
L’argumentation du ministre est cynique : il évoque la prise en compte du « niveau réel des recrutements en 2017. [Une] diminution [qui]n’aura pas d’impact sur les moyens d’enseignement, qui seront stabilisés dans le 2nd degré public et privé »

Le métier traverse une très grave crise de recrutement, notamment du fait sa perte d’attractivité en termes de salaires et de conditions de travail.
La seule réponse qui est donnée est de rayer d’un trait de plume des emplois que l’on n’a pas réussi à pourvoir ! Une telle décision constitue un renoncement face à la crise du recrutement. Elle signifie une diminution des postes proposés aux concours 2018, ce qui est un très mauvais signal donné aux étudiants et ne peut que peser sur les difficultés du recrutement, ce qui plombe l’avenir.

Jeu de bonneteau

De plus, en indiquant que « les moyens d’enseignement seront stabilisés », le ministre se livre à un véritable tour de passe-passe : est-ce à dire que les emplois supprimés seraient transformés en heures supplémentaires à prendre en charge par les personnels en poste ?
La réalité sur le terrain, ce sera une dégradation dans les établissements alors que les classes à 30 en collège et à 35 en lycée deviennent la norme, que le potentiel de remplacement a été laminé et que les personnels sont sommés d’accepter toujours plus d’ heures supplémentaires. En effet, en supprimant ces emplois , le ministère enlève aux rectorats les moyens de recruter les enseignants nécessaires, quel que soit leur statut (contractuels par exemple.).

Tout cela est la traduction d’une politique purement comptable, dont l’objectif unique reste la réduction de la dépense publique, sans que l’investissement dans la formation de la jeunesse soit à la hauteur des enjeux de lutte contre les inégalités sociales et d’élévation du niveau de qualification.

Le SNES-FSU continue de demander une programmation des créations d’emplois et des mesures pour enrayer la crise du recrutement.

Fabienne Bellin

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