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Huit clos luxueux.

« Sécurité », Gina Wohlsdorf Traduit par Alain Defossé, actes noirs/Actes Sud

Un hôtel, Santa Barbara, la côte Ouest des États-Unis, le Pacifique, le luxe suffocant, un système de sécurité dernier cri, des histoires d’amour, de morts, de conflits entre les employé-e-s et, soudain la mort qui fait son œuvre. « Sécurité », premier roman de Gina Wohlsdorf, fait des porteurs de morts, des spectres. Pourquoi ont-ils assassinés toute la compagnie de vigiles, en ratant d’un poil le narrateur ? Pourquoi poursuivent-ils les assassinats du personnel et même du propriétaire de l’hôtel ? Elle ne le dira pas. La mort, la violence est anonyme comme dans « Duel », le premier film de Steven Spielberg qui met aux prises un automobiliste poursuivi par un poids lourd sans que le spectateur n’en sache les raisons.

Polar : Sécurité

Tessa, le personnage central, supervise les travaux et est l’objet d’une double histoire d’amour. Du narrateur et de son amie d’enfance qui, d’un coup, réapparaît, Brian dont le jumeau s’est tué dans un accident de moto à l’intérieur d’une roue. Le frère a repris le flambeau et renoue avec Stella, l’amour des deux frères.

Visiblement Gina a voulu jouer avec les maîtres du suspense et de l’horreur sans y parvenir tout à fait. Elle sait décrire un grand hôtel, les escaliers, les ascenseurs, les rapports entre les employé-e-s sans toutefois faire croire à l’histoire et à la place de démiurge du narrateur. Parfois drôle, déroutant mais le lecteur reste à distance. L’impression violente d’un exercice de style. Souvent, pas toujours. Il est vrai que la mort, de nos jours, n’a pas toujours ni de visage ni de raisons surtout aux États-Unis dans ces fusillades dans les lycées ou dans les attentats commis souvent par des jeunes gens et des jeunes filles qui veulent devenir des « héros inversés ». Dans ce roman, ce sont des tueurs aguerris issus des commandos comme les vigiles de l’hôtel, du coup l’intrigue grippe.

Un premier roman intriguant qui pousse à aller jusqu’au bout, sans être convaincu par les personnages, ni par l’intrigue. Il laisse un goût étrange dans le cerveau.

Nicolas Béniès.

« Sécurité », Gina Wohlsdorf, traduit par Alain Defossé, actes noirs/Actes Sud.

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