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Sécurité : mort pour avoir fait la fête

Depuis la disparition de Steve Maia Caniço, les autorités n’ont cessé de chercher à minimiser leurs responsabilités, quand elles n’ont pas tout simplement nié l’évidence. Il ne fait aujourd’hui aucun doute que la mort de Steve est la conséquence de l’usage disproportionné de la force par la police, après la charge contre un groupe de jeunes qui célébraient la fête de la musique au bord de la Loire.

Responsabilité politique
L’annonce par le ministre de l’Intérieur de la « mutation », sans sanction disciplinaire, du commissaire chef des opérations semble avoir essentiellement pour but de dédouaner la chaîne de commandement et de dépolitiser une affaire qui est exemplaire de la façon dont l’orientation sécuritaire du gouvernement est comprise « à la base ». Il y a deux ans, en effet, dans des circonstances similaires, au même endroit, la police avait décidé de ne pas aller à l’affrontement.
La justice, c’est d’abord que toute la lumière soit faite sur la mort de Steve, et que les responsables soient poursuivis et condamnés. C’est aussi que le gouvernement reconnaisse sa responsabilité politique et en tire toutes les conséquences, modifie radicalement sa façon de traiter le maintien de l’ordre, au lieu de faire sauter des fusibles et d’ouvrir des parapluies.
Cela implique aussi que soit mise en débat la création d’une autorité indépendante chargée d’enquêter sur les suspicions de violence policière, l’IGPN ayant, par ses conclusions ridicules sur cette affaire, montré une fois de plus son inefficacité, voire sa partialité.

Hervé Le Fiblec

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