Actualité théâtrale

Au théâtre du Rond-Point, jusqu’au 14 novembre

"Sextett" de Rémi de Vos - mise en scène de Eric Vigner

Il y a deux ans, le Théâtre du Rond-Point avait programmé "Jusqu’à ce que la mort nous sépare" du même Remi de Vos. Un publiciste parisien revenait dans la maison familiale à l’occasion du décès de sa grand mère. Il était flanqué d’une collègue qui l’avait accompagné pour l’occasion. Le spectacle était marqué par l’écriture de l’auteur qui entraînait le déroulement du récit hors des sentiers battus, dans une espèce de stylisation, appuyé par le jeu décalé de Catherine Jacob et surtout de Micha Lescot comédien élastique au phrasé imprévisible.
Le spectacle qui se donne en ce moment au Rond-Point, "Sextett" en est la suite. On retrouve Simon –Micha Lescot- toujours flanqué d’une collègue de bureau. Cette fois-ci, il est là pour l’enterrement de sa mère et pour procéder aux inventaires qui s’imposent avant la vente de la maison. La chienne des voisines, Walkyrie, a dévasté le jardin et pour se faire pardonner les dégâts irréparables, ses deux jeunes maîtresses proposent à Simon de lui chanter des lieder de Schubert. L’une et l’autre sont attirées par le jeune homme déjà harcelé par sa collègue qui voit là, les circonstances rêvées pour le séduire. C’est alors qu’intervient une prostituée qui a eu les faveurs de Simon, sorte de Drag Queen au masque de latex. Et c’est au tour de Walkyrie, la chienne dévastatrice, silhouette féminine à tête de chien, de solliciter le jeune homme à qui l’on révèle que sa mère qui vient de mourir était en fait son père…
"Sextett" est un récit déjanté qui s’écarte sans cesse des limites d’une simple histoire de deuil et de sexe. L’intention est louable d’échapper à une narration linéaire dans laquelle apparaissent des personnages improbables dans un décor stylisé qui n’a rien à voir avec l’intérieur d’une vieille dame. Mais ce genre de démarche nécessite un traitement beaucoup plus rigoureux, plus de maîtrise dans le texte et la mise en scène, faute de quoi le spectacle reste à l’état d’exercice de style un peu vain. Ce qui est le cas.
Micha Lescot est très bien dans un style où il n’a plus rien à prouver. Les jeunes femmes sont parfaites.
Francis Dubois

Théâtre du Rond-Point
2bis Avenue Franklin Roosevelt
75 008 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 44 95 98 21
www.theatredurondpoint.fr

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Providence »
    Lorsque les tours jumelles se sont effondrées le 11 septembre 2001 à New-York, il y a eu des milliers de morts, mais aussi plusieurs dizaines de disparus dont on n’a jamais retrouvé nulle trace. On... Lire la suite (13 avril)
  • « Suzanne »
    Paul se marie avec Louise, sous le bruit de la canonnade, à la veille de partir à la guerre en 1914. En 1915 il déserte, revient chez lui et, avec l’aide de Louise, se travestit en femme pour... Lire la suite (11 avril)
  • « Qui suis-je ? »
    Vincent est en Troisième. Il a quatorze ans et demi, se trouve un physique d’endive, est intelligent et bon élève, mais nul en sport, ce qui lui vaut les sarcasmes du prof de gym et des autres... Lire la suite (8 avril)
  • « Madame Marguerite »
    Curieuse institutrice que cette Madame Marguerite, qui insiste sur son nom, l’écrit au tableau tout comme un certain nombre de sentences sur la vie, la mort, le sexe pour qu’elles s’inscrivent dans... Lire la suite (6 avril)
  • « Tous mes rêves partent de Gare d’Austerlitz »
    Dans une Maison d’arrêt de femmes, des prisonnières se retrouvent à la bibliothèque. Elles y évoquent leur quotidien, leur travail, leurs amours, leur enfance ou leurs rêves. Le soir de Noël elles ont... Lire la suite (4 avril)